Publié le 16 décembre 2025. La Russie maintient une ligne dure en refusant toute concession territoriale à l’Ukraine et s’oppose fermement à une présence militaire de l’OTAN sur son territoire, tandis que les discussions internationales à Berlin ont permis de dégager des pistes de garanties de sécurité pour Kiev, notamment américaines.
- Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a réaffirmé la position intransigeante de Moscou sur les questions territoriales et de sécurité.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé un optimisme prudent quant aux garanties de sécurité proposées par les États-Unis, tout en soulignant des divergences persistantes sur le statut des territoires occupés.
- Les propositions européennes, notamment la création d’une force multinationale pour sécuriser l’espace aérien ukrainien en cas de cessez-le-feu, ont été saluées par les États-Unis.
Sergueï Ryabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré à Moscou que la Russie ne cèdera aucun territoire et s’oppose catégoriquement à l’établissement de bases militaires de l’OTAN en Ukraine. Cette position ferme intervient après une réunion à Berlin réunissant des chefs d’État et de gouvernement européens, où une force multinationale a été envisagée pour sécuriser l’espace aérien ukrainien en cas de trêve.
Volodymyr Zelensky s’est dit globalement satisfait des signaux émis par Washington.
« Nous avons maintenant entendu du côté américain qu’il était prêt à fournir des garanties de sécurité qui correspondent à l’article cinq du traité de l’OTAN »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Cependant, des désaccords majeurs subsistent entre Kiev et Washington concernant la perte définitive de territoires par l’Ukraine.
« Il existe encore des positions différentes sur les territoires »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Le président ukrainien a également réitéré sa demande de réparations financières de la part de la Russie pour les dommages causés par la guerre. Une commission internationale doit être mise en place à La Haye, aux Pays-Bas, afin de préparer l’évaluation des indemnisations et des réclamations.
Les États-Unis, représentés par Witkoff et Kushner lors de la conférence de Berlin, ont accueilli favorablement les initiatives européennes. Le président américain Donald Trump, qui a participé aux discussions par téléphone, a déclaré que les États-Unis étaient “plus proches d’une solution qu’auparavant”. Il a également souligné qu’il avait déjà eu plusieurs conversations avec la Russie sur la résolution du conflit.
« Ça a l’air d’aller bien »
Donald Trump, président américain
Il a toutefois nuancé son propos en ajoutant :
« Nous le disons depuis longtemps et c’est une question difficile »
Donald Trump, président américain
Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a salué l’engagement européen et a souligné que l’issue de la situation dépendrait désormais des réactions de Moscou et de Washington. Il a insisté sur l’importance d’une négociation impliquant les principaux partenaires européens et les États-Unis, afin d’élaborer un plan “fondamentalement” viable.
Tobias Cremer, député européen du SPD, a déclaré à Deutschlandfunk que la capacité de défense propre de l’Ukraine constitue la meilleure garantie de sécurité et qu’il est crucial que l’Europe utilise les avoirs russes gelés pour soutenir Kiev.
Armin Laschet, politicien de la CDU, a affirmé sur Deutschlandfunk qu’une proposition européenne a été élaborée à Berlin et transmise aux États-Unis, marquant une avancée significative dans les discussions.
Lors d’une conférence de presse commune avec Zelensky, le chancelier Merz avait proposé un cessez-le-feu avec la Russie pour Noël, qui pourrait ouvrir la voie à des négociations constructives en vue d’une paix durable. Cette proposition a été rejetée par le porte-parole du Kremlin, Peskov, qui a estimé qu’un cessez-le-feu sans accord final pourrait donner à l’Ukraine un avantage militaire.
Wolfgang Ischinger, président par intérim de la Conférence de Munich sur la sécurité, s’est félicité sur la radio MDR du rapprochement entre les Européens et les Américains, tout en critiquant l’absence de la Russie à la table des négociations.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré avoir entendu pour la première fois des représentants américains s’engager en faveur de la sécurité de l’Ukraine d’une manière qui ne laisserait aucun doute aux Russes sur une réponse militaire américaine en cas d’agression. Le Premier ministre suédois Kristersson a également fait état de progrès significatifs en matière de garanties de sécurité, tandis que le Premier ministre néerlandais Schoof a qualifié la situation de “bonne base” pour d’éventuels pourparlers de paix. Le Premier ministre finlandais Orpo a annoncé des propositions des États de l’UE situés sur le flanc oriental de l’OTAN visant à renforcer leur propre défense.
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