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Après l’introduction record, quel avenir pour la Bourse de Tachkent ?

L'introduction en bourse du National Investment Fund of Uzbekistan (UzNIF) a marqué un tournant historique pour l'économie du pays en levant près de 700 millions de dollars. Cette opération, gérée par Franklin Templeton, dépasse la somme de toutes…

Le succès financier du National Investment Fund of Uzbekistan

L’introduction en bourse du National Investment Fund of Uzbekistan (UzNIF) a marqué un tournant historique pour l’économie du pays en levant près de 700 millions de dollars. Cette opération, gérée par Franklin Templeton, dépasse la somme de toutes les introductions précédentes en Ouzbékistan sur les trois dernières décennies.

Le succès financier du National Investment Fund of Uzbekistan

Le succès financier du National Investment Fund of Uzbekistan
L’opération de double cotation, effectuée simultanément à Londres et à Tachkent, a généré une demande massive de plus de 2,8 milliards de dollars (2,44 milliards d’euros). Ce fonds, qui détient des participations dans 13 entreprises publiques, a finalement permis de lever environ 700 millions de dollars (610 millions d’euros). Selon les analyses de news.google.com, cette étape cruciale démontre que les investisseurs internationaux sont prêts à s’engager sur les marchés ouzbeks lorsque les structures de l’offre sont adéquates. Marius Dan, directeur général pour l’Asie centrale chez Templeton Global Investments, souligne que cette cotation pourrait servir de catalyseur pour le développement d’un marché des capitaux domestique plus vaste. L’intérêt suscité par l’UzNIF ne se limite pas au volume de capitaux. Il signale un déplacement de l’attention des investisseurs : après une phase de financement, le pays doit désormais prouver sa capacité à maintenir des règles, des institutions et une profondeur de marché capables de soutenir le capital-risque et l’investissement privé.

Un forum de Tachkent pour sceller de nouveaux partenariats

Un forum de Tachkent pour sceller de nouveaux partenariats
En marge de ces mouvements boursiers, la cinquième édition du Forum international de l’investissement de Tachkent a affiché une dimension internationale sans précédent. L’événement a rassemblé plus de 10 000 participants, dont 3 802 délégués venus de 102 pays différents. Les résultats financiers de ce forum sont significatifs. Euronews.com rapporte que 166 accords ont été signés, représentant un montant total de 43,1 milliards de dollars (37,6 milliards d’euros).
  • Total des accords signés : 43,1 milliards de dollars
  • Nouveaux projets évalués : 31,8 milliards de dollars
  • Nombre de délégations étrangères : 102 pays
Le président ouzbek, Chavkat Mirzioïev, a précisé que l’objectif de cette politique d’investissement dépasse le simple afflux de capitaux. Pour les autorités, l’investissement doit servir de moteur pour l’acquisition de technologies de pointe, de compétences modernes et la création d’emplois adaptés aux mutations mondiales. La présence de grandes entreprises américaines lors d’un forum dédié, incluant des noms tels que Boeing, Visa, JPMorgan, Meta et Air Products, confirme cet intérêt stratégique.

La création d’un pôle financier fondé sur la common law

Pour pérenniser ces flux, l’Ouzbékistan prépare une transformation profonde de son infrastructure juridique. Le gouvernement travaille sur la mise en place du Centre financier international de Tachkent, une juridiction distincte qui s’appuiera sur les principes de la common law. Laziz Kudratov, ministre de l’Investissement, de l’Industrie et du Commerce, a indiqué que cette nouvelle structure offrirait aux sociétés financières étrangères un cadre aligné sur les normes internationales, évitant ainsi l’obligation d’opérer exclusivement sous le droit local. Pour attirer ces acteurs, le projet prévoit des incitations fiscales sur une période de 50 ans, couvrant :
  • L’impôt sur les sociétés
  • La taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
  • L’impôt foncier
  • Les droits de douane
En parallèle, une nouvelle législation est en préparation pour encadrer les investissements alternatifs. Ce cadre vise à protéger les structures de capital-risque, le capital-investissement et les modèles de type commandité-commanditaire (LP/GP).

L’enjeu de la profondeur et de la liquidité des marchés

Malgré ces avancées, la transition vers une économie de marché ouverte reste un défi de crédibilité. Les investisseurs scrutent la capacité du pays à maintenir ses réformes sur le long terme.

L’agenda des réformes a besoin de faire ses preuves. On ne change pas les choses du jour au lendemain. Les gens ont besoin de preuves concrètes. Or nous en avons désormais accumulé plusieurs années.

Marius Dan on Attracting Investors for Uzbekistan's Investment Fund
L'enjeu de la profondeur et de la liquidité des marchés
Photo: Euronews.com

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Julia Hoggett, directrice générale de la Bourse de Londres, via Euronews Le gouvernement soutient que les réformes entamées depuis 2017 ont déjà porté leurs fruits, notamment en matière de réduction fiscale et de levée des restrictions sur la conversion des devises. Laziz Kudratov assure que tout investisseur peut désormais rapatrier ses revenus hors du pays en une seule journée. Cependant, pour que le marché des capitaux se transforme réellement, Marius Dan prévoit qu’il faudra davantage d’entreprises cotées, une liquidité accrue et une présence plus marquée des investisseurs institutionnels étrangers. Selon ses prévisions, l’ensemble du paysage financier national aura radicalement changé d’ici cinq ans.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.