Home AffairesAprès quatre ans de silence hermétique, Powell affirme désormais que le logement sera un problème aux États-Unis

Après quatre ans de silence hermétique, Powell affirme désormais que le logement sera un problème aux États-Unis

by Amélie Bernard

Publié le 6 janvier 2024 18:55:00. Le président de la Réserve fédérale américaine, Jérôme Powell, a reconnu que la crise du logement aux États-Unis est structurelle et que la banque centrale ne dispose pas des outils nécessaires pour la résoudre, tandis que l’ancien président Donald Trump critique la politique monétaire actuelle.

  • Jérôme Powell admet que la baisse des taux d’intérêt ne suffira pas à rendre le logement plus abordable.
  • L’offre de logements reste un défi majeur, exacerbé par un manque de construction et des taux hypothécaires historiquement bas qui freinent la mobilité des propriétaires.
  • L’augmentation massive de l’immigration depuis 2021 a contribué à une pénurie de logements sans précédent.

Jérôme Powell a averti que le marché du logement américain restera problématique, même après une récente réduction mineure de 0,25 point de base du taux de référence le 10 décembre. Il a souligné que la Réserve fédérale ne peut pas agir sur les causes profondes de l’inaccessibilité au logement, qu’il qualifie de « problèmes structurels ».

« Nous pouvons augmenter et baisser les taux d’intérêt, mais nous n’avons pas vraiment les outils nécessaires pour remédier à une pénurie structurelle de logements à long terme. »

Jérôme Powell, président de la Réserve fédérale

Cette prise de position intervient après des années de silence sur la crise immobilière, marquée par un effondrement des ventes et une forte augmentation des prix entre 2021 et 2022. Depuis le début de l’année 2024, le marché a connu une augmentation notable du nombre de biens disponibles, mais les prix restent élevés.

L’ancien président Donald Trump a également critiqué la politique de la Réserve fédérale, l’accusant de nuire aux Américains en maintenant des taux d’intérêt élevés qui les empêchent d’acheter une maison.

Selon des analyses de Goldman Sachs, le nombre de ménages formés aux États-Unis a dépassé le nombre de logements construits depuis la crise financière de 2007. Goldman Sachs estime qu’entre trois et quatre millions de logements supplémentaires seraient nécessaires pour combler le déficit actuel. JP Morgan estime de son côté qu’il faudrait 2,8 millions d’unités supplémentaires, un objectif qui prendrait plusieurs années à atteindre.

Plusieurs facteurs contribuent à cette pénurie. Les règles de zonage restrictives dans de nombreuses villes rendent difficile la construction de nouveaux logements. De plus, environ la moitié des emprunteurs hypothécaires actuels bénéficient de taux inférieurs à 4 %, et 80 % paient moins de 6 %, ce qui les dissuade de vendre et de contracter de nouveaux prêts à des taux plus élevés. Ce phénomène crée un effet de « verrouillage » qui limite l’offre de logements disponibles.

L’augmentation massive de l’immigration, avec l’entrée de plus de 13 millions de migrants depuis 2021, a également exacerbé la pénurie de logements, estimée entre 1,5 et 5,5 millions d’unités.

Les politiques de l’administration Biden, notamment en matière d’immigration et d’inflation, sont également pointées du doigt. Les droits de douane sur les matériaux de construction comme le bois et l’aluminium ont eu un impact limité, mais ont contribué à rendre les projets de construction moins rentables. Les réglementations imposées aux banques et aux prêteurs après la crise bancaire de 2022 compliquent également l’accès au crédit immobilier, entraînant l’annulation de plus d’un quart des transactions en cours.

Selon le Center for American Progress, 450 000 logements de moins seront construits d’ici 2030.

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SOURCE : Avec des informations de l’AFP et d’autres sources.

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