Les pays du G7 ont convenu de libérer 100 millions de barils de pétrole et de diesel de leurs réserves stratégiques sur quatre mois. Cette décision coordonnée, sous l’égide de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), vise à stabiliser les prix mondiaux du carburant après les pressions exercées par le président américain Donald Trump.
La mesure prévoit une libération immédiate et substantielle de diesel au cours des 20 prochains jours. Cette intervention intervient alors que les coûts de l’énergie ont atteint des niveaux records, exacerbés par les conflits en cours au Moyen-Orient et en Europe de l’Est, qui ont perturbé les chaînes d’approvisionnement et endommagé des capacités de raffinage.
Le revirement sur l’embargo des exportations américaines
L’annonce fait suite à une campagne de pression intense menée par la Maison-Blanche. Le président Donald Trump avait menacé d’interdire les exportations de diesel américain si les pays européens ne s’engageaient pas à puiser dans leurs propres stocks. Cette menace avait suscité des tensions diplomatiques, certains responsables européens qualifiant en privé ces exigences de chantage, selon des informations recueillies par Politico.
Finalement, le gouvernement américain a fait marche arrière concernant l’embargo. Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national, a indiqué que les discussions avec les alliés européens avaient été vraiment accommodatives tout au long de la semaine.
Coordination via l’Agence internationale de l’énergie
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) supervisera la mise en œuvre de cette libération de 100 millions de barils.
Le groupe des sept (G7), qui inclut les États-Unis, le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni, a également convenu de ne pas imposer de restrictions sur les exportations d’énergie entre ses membres. Cette clause vise à garantir la fluidité des échanges dans un marché mondial sous tension. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a souligné que les États-Unis avaient déjà contribué à hauteur de 172 millions de barils lors d’une opération précédente en mars, déclarant : L’Amérique fait sa part
et appelant les alliés à faire correspondre leurs engagements avec des actions
.
Impacts limités sur les prix à la pompe
Malgré l’ampleur de l’annonce, des analystes tempèrent les attentes concernant une baisse rapide des prix pour les consommateurs américains. Si le diesel reste une composante essentielle des coûts logistiques — affectant directement le transport de denrées alimentaires et de marchandises — les experts estiment que l’impact pourrait être modeste.
Le prix du baril de Brent, qui avait brièvement chuté sous la barre des 100 dollars, s’est stabilisé autour de 102 dollars vendredi soir, sous l’influence persistante des tensions au Moyen-Orient et des affrontements entre l’Arabie saoudite et les Houthis au Yémen. Au Royaume-Uni, le ministre des Transports Keir Mather a insisté sur la résilience du système d’approvisionnement national, malgré des prix record à la pompe atteignant les 2 livres sterling par litre, notant que le pays importe 31 % de son diesel des États-Unis.
Prochaines étapes pour les stocks stratégiques
Les détails précis de la répartition des stocks entre les pays partenaires n’ont pas encore été rendus publics. Comme l’a noté le président Trump, le processus commencera immédiatement, une urgence dictée par la pression politique à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, où le coût élevé du carburant pèse sur l’opinion publique.