Home AffairesAprès Shell, BP Factory ferme également des carburants durables, nettoyant dans le port de Rotterdam: “ La défaite est grande ”

Après Shell, BP Factory ferme également des carburants durables, nettoyant dans le port de Rotterdam: “ La défaite est grande ”

by Amélie Bernard

BP abandonne un projet majeur de biocarburants à Rotterdam

Le géant pétrolier britannique BP a annoncé l’abandon de son projet de construction d’une usine de biocarburants à Europoort, à Rotterdam. La décision, révélée en interne lundi, est justifiée par les coûts élevés aux Pays-Bas.

Un coup dur pour le personnel

Cette annonce a des conséquences directes sur le personnel. Certains employés pourraient être redéployés en interne, tandis que d’autres verront leur emploi menacé. Des entrepreneurs embauchés seront également concernés.

Investissements reportés vers l’Espagne et l’Allemagne

Récemment, BP avait annoncé son intention d’investir dans la production d’hydrogène vert, mais a choisi de le faire en Espagne et en Allemagne. Le projet d’électrolyseur prévu à Rotterdam a été annulé en raison des coûts prohibitifs.

Réaction de déception à Rotterdam

BP a informé lundi la municipalité de Rotterdam et l’autorité portuaire de sa décision. Cette nouvelle a été accueillie avec déception, compte tenu des ambitions de la région en matière de projets verts. Shell avait déjà interrompu la construction d’une usine de biocarburants à Pernis, invoquant également des coûts trop élevés. UPM, une entreprise finlandaise, a également renoncé à un projet à Rotterdam en mai dernier.

Une troisième annulation alarmante

“C’est alarmant : c’est la troisième usine de biocarburants qui ne se concrétise pas. Après UPM et Shell, il est clair que le marché des biocarburants est confronté à des difficultés,” a déclaré un porte-parole du port de Rotterdam.

Appel à l’action

L’échevin du port, Robert Simons, et le député provincial Arne Weverling ont qualifié l’arrêt du projet d'”inquiétant”. Ils mettent en garde contre une “déflation des investissements et des entreprises” au port de Rotterdam, et appellent le gouvernement et la Chambre des représentants à intervenir rapidement.

Des millions d’euros perdus

Le groupe énergétique avait déjà investi des millions d’euros dans la préparation du complexe. L’usine aurait pu produire environ 10 000 barils de carburant d’aviation durable par jour, faisant de Rotterdam un site unique au monde pour la production de SAF (Sustainable Aviation Fuel) par BP.

Changement de stratégie et pression actionnariale

Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un changement de stratégie initié par le PDG de BP, Murray Auchincloss, l’année dernière. BP est sous pression de l’actionnaire activiste Elliott Management, qui exige une efficacité accrue et une réduction des coûts. Auchincloss a donc décidé de réduire les activités les moins rentables et de supprimer les projets à risque financier élevé afin d’économiser 20 milliards de dollars.

Priorité au pétrole et au gaz

BP a déclaré privilégier désormais la vente de pétrole et de gaz, considérés comme plus rentables. La société avait déjà vendu ses stations-service néerlandaises à Manager OK il y a quelques années.

Difficultés pour le secteur des biocarburants

Shell avait déjà suspendu la construction de son usine de Pernis l’année dernière, en raison d’une demande européenne décevante pour le SAF vert. Les entreprises se tournent désormais vers des exportations chinoises moins coûteuses, mais plus polluantes.

Un avenir incertain pour les projets verts à Rotterdam

Avec l’abandon de BP et Shell, Neste est désormais le seul acteur majeur à produire à grande échelle des biocarburants à Rotterdam. La société finlandaise prévoit de doubler ses capacités et de livrer 2,7 millions de tonnes de biocarburants par an à partir de 2027.

Multiplication des annulations d’investissements

L’annonce de BP s’inscrit dans une tendance plus large. ExxonMobil a récemment annulé un projet de recyclage, Mitsubishi Gas Chemical a interrompu la construction d’une usine chimique, et plusieurs autres entreprises (Gunvor, Tronox, Lyondellbasell, Westlake, Indorama) ont également réduit ou arrêté leur production. Une quinzaine de recycleurs de plastique ont également été contraints de fermer leurs portes.

Coûts énergétiques trop élevés

Les entreprises ont averti à plusieurs reprises le gouvernement que les coûts énergétiques élevés aux Pays-Bas, jusqu’à quatre fois supérieurs à ceux des pays voisins, constituent un obstacle majeur pour les acheteurs de carburants durables. De plus, le gouvernement n’a pas souhaité imposer une obligation de mélange plus stricte pour les carburants verts, ce qui aurait donné aux entreprises une visibilité à long terme sur l’achat de produits durables et permis de réduire les coûts.

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