Longtemps décriés pour leur teneur en cholestérol, les œufs ne seraient peut-être pas aussi néfastes pour le cœur que l’on pourrait le croire. Une nouvelle étude suggère que la consommation régulière d’œufs enrichis n’a pas d’impact négatif sur le taux de cholestérol, et pourrait même présenter certains bénéfices.
L’essai PROSPERITY, mené sur 140 patients présentant un risque cardiovasculaire élevé ou déjà atteints d’une maladie cardiaque, a comparé les effets de la consommation de 12 œufs enrichis par semaine à un régime pauvre en œufs (moins de deux par semaine) sur une période de quatre mois. Les résultats, présentés lors de la session scientifique annuelle de l’American College of Cardiology, indiquent que les taux de cholestérol LDL et HDL sont restés similaires entre les deux groupes.
« Nous savons que les maladies cardiovasculaires sont influencées par divers facteurs de risque, tels que l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, l’indice de masse corporelle élevé et le diabète », explique le Dr Nina Nouhravesh, chercheuse au Duke Clinical Research Institute de Durham, en Caroline du Nord, et principale auteure de l’étude. « Les habitudes alimentaires jouent un rôle important, et il y a eu beaucoup de controverses concernant la consommation d’œufs, en particulier pour les personnes à risque. Cette étude, bien que de petite taille, est rassurante quant à la consommation d’œufs enrichis en ce qui concerne leurs effets sur les lipides, même chez une population à haut risque. »
Les œufs enrichis, au cœur de cette recherche, se distinguent par leur teneur réduite en graisses saturées et leur apport supplémentaire en vitamines et minéraux, notamment l’iode, la vitamine D, le sélénium, les vitamines B2, 5 et 12, ainsi que les acides gras oméga-3.
Les participants à l’étude, tous âgés de 50 ans ou plus (l’âge moyen était de 66 ans), ont été répartis aléatoirement entre les deux groupes. La moitié des participants étaient des femmes et 27 % étaient afro-américains. Tous avaient déjà subi un événement cardiovasculaire ou présentaient au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire.
L’analyse des résultats a révélé une légère diminution du cholestérol HDL (le « bon » cholestérol) de -0,64 mg/dL et du cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) de -3,14 mg/dL dans le groupe consommant les œufs enrichis. Ces différences n’étaient pas statistiquement significatives, mais suggèrent l’absence d’effet néfaste sur le profil lipidique sanguin.
En outre, les chercheurs ont observé une tendance à la diminution du cholestérol total, du nombre de particules LDL, d’un autre marqueur lipidique appelé apoB, de la troponine de haute sensibilité (un indicateur de lésions cardiaques) et des scores de résistance à l’insuline dans le groupe des œufs enrichis. Les niveaux de vitamine B ont également augmenté.
« Bien qu’il s’agisse d’une étude neutre, nous n’avons pas constaté d’effets indésirables sur les biomarqueurs de la santé cardiovasculaire, et nous avons même observé des signes potentiels de bénéfices liés à la consommation d’œufs enrichis », précise le Dr Nouhravesh. « Des recherches plus approfondies, menées sur des populations plus larges, sont nécessaires pour confirmer ces résultats et explorer davantage ces hypothèses. » Des analyses complémentaires ont suggéré une augmentation numérique du cholestérol HDL et une diminution du cholestérol LDL chez les patients de 65 ans ou plus et ceux atteints de diabète.
L’étude souligne également l’importance de considérer le contexte alimentaire global. La mauvaise réputation des œufs pourrait être liée à la façon dont ils sont généralement consommés, souvent accompagnés d’aliments moins sains comme du bacon ou du pain beurré.
« Il est toujours conseillé aux personnes souffrant de maladies cardiaques de discuter avec leur médecin d’une alimentation saine pour le cœur », recommande le Dr Nouhravesh.
Il est important de noter que cette étude, menée dans un seul centre, présente certaines limites, notamment sa petite taille et le fait qu’elle repose sur l’auto-déclaration des participants concernant leur consommation d’œufs et leurs habitudes alimentaires. Il s’agissait également d’une étude ouverte, ce qui pourrait avoir influencé le comportement des participants.
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