Le musée du Louvre, fleuron de la culture française, est confronté à une série d’incidents qui soulèvent des questions sur la préservation de ses collections et l’état de ses infrastructures. Après une spectaculaire intrusion et une fuite de données compromettantes, c’est une dégât des eaux qui a frappé le département des antiquités égyptiennes.
Une fuite d’eau survenue le mois dernier a endommagé entre 300 et 400 ouvrages rares conservés dans la bibliothèque du département des antiquités égyptiennes. Francis Steinbock, administrateur adjoint du Louvre, a reconnu dimanche sur BFM TV que le problème était connu depuis plusieurs années et que la fuite avait touché l’une des trois salles de la bibliothèque. « Nous avons identifié entre 300 et 400 œuvres, le décompte est en cours », a-t-il précisé, ajoutant que les ouvrages endommagés datent de la fin du XIXe et du début du XXe siècle et sont « extrêmement utiles » mais ne sont « en aucun cas uniques ».
Ce nouvel incident intervient quelques semaines seulement après un cambriolage audacieux, au cours duquel quatre individus ont dérobé des bijoux d’une valeur estimée à 102 millions de dollars (environ 93 millions d’euros). L’enquête avait révélé des failles de sécurité préoccupantes, notamment un mot de passe simpliste – « Louvre » – pour le système de vidéosurveillance.
Par ailleurs, une galerie abritant des vases et des bureaux grecs a dû être partiellement fermée le mois dernier en raison de faiblesses structurelles. La Cour des Comptes, l’organisme de contrôle public français, avait déjà publié en octobre un rapport pointant du doigt l’incapacité du musée à moderniser ses infrastructures, une situation aggravée par des dépenses jugées excessives en acquisitions d’œuvres d’art.
Selon le site spécialisé La Tribune de l’Art, le ministère de la Culture cherchait depuis longtemps à obtenir des fonds pour protéger la collection contre de tels risques, sans succès. À ce stade, Francis Steinbock a déclaré à l’AFP qu’« aucun objet patrimonial n’a été affecté par ces dégâts » et qu’« à ce stade, nous n’avons pas de pertes irréparables et définitives dans ces collections ».
