Publié le 25 novembre 2025 à 15h39. Le groupe Ardagh, spécialisé dans l’emballage métallique et en verre, voit son directeur financier, John Sheehan, quitter ses fonctions à la fin de l’année, dans un contexte de restructuration financière et de résultats décevants.
- John Sheehan, directeur financier d’Ardagh, démissionnera à la fin de l’année.
- Le groupe a annoncé une perte de 335 millions de dollars (environ 310 millions d’euros) pour le troisième trimestre 2025.
- Une recapitalisation récente a vu les détenteurs d’obligations prendre le contrôle de 92,5 % de l’entreprise.
Le départ de John Sheehan intervient après une période tumultueuse pour Ardagh, marquée par une dette importante et des difficultés économiques post-pandémie. L’entreprise a récemment conclu un accord avec ses obligataires pour assainir ses finances, un accord qui a entraîné un changement majeur dans sa structure de propriété.
Selon un communiqué de l’entreprise, M. Sheehan avait informé le conseil d’administration de son intention de démissionner plus tôt dans l’année et un processus de recrutement est en cours pour trouver son successeur. Mark Porto, le président exécutif, a salué l’engagement de M. Sheehan, soulignant sa volonté de rester en poste jusqu’à la finalisation de la recapitalisation.
« Nous sommes extrêmement reconnaissants envers John pour son engagement et sa diligence à retarder son départ prévu jusqu’à la conclusion réussie de l’opération de recapitalisation au début du mois. »
Mark Porto, président exécutif d’Ardagh
La recapitalisation, finalisée début novembre, a vu les détenteurs d’obligations senior non garanties, auxquels Ardagh devait environ 2,4 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros), échanger leurs créances contre une participation de 92,5 % dans l’entreprise. Paul Coulson, fondateur et ancien actionnaire majoritaire d’Ardagh, a quant à lui cédé ses parts pour 108 millions de dollars et a quitté le conseil d’administration.
Les 7,5 % restants de l’entreprise ont été attribués aux détenteurs de billets à paiement en nature (PIK), des obligations plus risquées. Environ 80 % des détenteurs de ces billets, représentant 1,9 milliard de dollars de créances, ont approuvé l’accord, ce qui a permis d’annuler environ 95 % de leur dette.
Les difficultés financières d’Ardagh sont liées à la conjoncture économique défavorable post-Covid-19, marquée par l’inflation, la hausse des taux d’intérêt et une baisse de la demande des consommateurs en Amérique du Nord et en Europe. Si l’activité emballages métalliques a montré des signes de reprise, le secteur des bouteilles en verre reste confronté à des défis.
Les résultats du troisième trimestre 2025 confirment ces difficultés, avec une perte après impôts de 335 millions de dollars, contre 36 millions de dollars pour la même période l’année précédente. Cette augmentation des pertes est en partie due aux coûts exceptionnels liés à la recapitalisation. Le chiffre d’affaires a légèrement augmenté, passant de 2,4 milliards de dollars à 2,5 milliards de dollars, et l’Ebitda ajusté (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements) a progressé de 362 millions d’euros à 394 millions d’euros.
Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes ont atteint 7,2 milliards de dollars, contre 6,9 milliards de dollars en 2024, et l’Ebitda a légèrement augmenté pour dépasser un milliard de dollars. Cependant, la perte après impôts a continué de s’alourdir, passant de 377 millions de dollars à 535 millions de dollars.
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