Publié le 13 janvier 2026 à 04h30. La NASA s’apprête à lancer sa mission Artemis 2 vers la Lune, une étape historique après plus d’un demi-siècle, mais cette préparation coïncide avec une crise interne et des inquiétudes persistantes concernant la sécurité de la capsule Orion.
- La NASA doit gérer une évacuation imprévue de la Station spatiale internationale (ISS) en raison d’un problème médical non précisé affectant un astronaute.
- Des doutes subsistent quant à la fiabilité du bouclier thermique de la capsule Orion, un élément crucial pour la sécurité du retour sur Terre.
- Le lancement d’Artemis 2, prévu le 6 février, est maintenu malgré ces défis, avec une pression accrue pour ne pas laisser la Chine prendre l’ascendant dans la course à l’espace.
La NASA est confrontée à un défi de taille : mener à bien sa mission Artemis 2 vers la Lune tout en gérant une urgence médicale à bord de la Station spatiale internationale (ISS). L’agence a annoncé qu’elle rapatriera prématurément l’équipage de l’ISS en raison d’un problème de santé affectant l’un des astronautes, sans divulguer son identité ni la nature de sa maladie. La personne concernée est toutefois décrite comme étant dans un état stable. C’est la première fois qu’une telle situation se produit, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur l’agence pour organiser rapidement l’évacuation et assurer la continuité des opérations à bord de la station.
Parallèlement, les préparatifs pour Artemis 2, une mission test avec équipage qui orbitera autour de la Lune, se poursuivent. L’équipage est composé de Reid Wiseman (commandant), Victor Glover (pilote), Christina Koch (spécialiste de mission) et Jérémie Hansen, de l’Agence spatiale canadienne. Le voyage, d’une durée d’environ dix jours, permettra de tester la fusée Space Launch System (SLS), la plus puissante construite par la NASA depuis les missions Apollo, et la capsule Orion.
Cependant, des inquiétudes subsistent quant à la sécurité de la mission, notamment concernant le bouclier thermique de la capsule Orion. La mission sans pilote Artemis 1, lancée en 2022, a révélé que le revêtement thermique était plus usé que prévu par les simulations de la NASA. Une analyse récente de l’inspecteur général de l’agence a mis en évidence les risques potentiels pour la sécurité de l’équipage. L’astronaute Charles Camarda, qui a participé à la mission de retour en vol du Space Shuttle après la catastrophe de Columbia, s’est exprimé publiquement sur ses préoccupations, estimant que la NASA reproduit les erreurs qui ont conduit aux accidents du Challenger (1986) et de Columbia (2003).
La NASA a choisi de maintenir le calendrier actuel malgré ces avertissements, après une réunion la semaine dernière avec le nouveau directeur de l’agence, Jared Isaacman, et des experts internes et externes. Une option aurait été de remplacer le bouclier thermique par celui prévu pour la mission Artemis 3, qui prévoit un atterrissage sur la Lune en 2028, mais cela aurait nécessité des modifications de l’angle d’entrée dans l’atmosphère terrestre.
Une autre source d’inquiétude concerne le système environnemental de la capsule Orion, qui fournit de l’oxygène à l’équipage. Ce système, développé par l’Agence spatiale européenne dans le cadre du Module de service, n’a pas été entièrement testé en vol.
La décision d’accélérer le lancement d’Artemis 2, initialement prévu pour plus tard, est en partie motivée par la volonté de devancer la Chine dans la course à la Lune. L’administration Trump avait insisté pour avancer la date de lancement, au risque de compromettre la sécurité. La NASA débutera ce samedi le transfert de la fusée SLS vers la rampe de lancement 39B, un trajet de quatre kilomètres qui prendra jusqu’à 12 heures. La fusée mesure près de 100 mètres de long et pèse plus de 2 500 tonnes, bien que légèrement plus petite que la légendaire Saturn V.
La capsule Orion compte plus de 300 000 composants, et la moindre erreur pourrait entraîner un report de la mission. Si tous les systèmes sont opérationnels, le premier test de la fusée avec le carburant complet est prévu à la fin du mois, suivi de plusieurs simulations de compte à rebours. La première fenêtre de lancement est fixée au 6 février, dans moins d’un mois.
