Publié le 20 octobre 2025 à 21h42. Le Maccabi Tel Aviv ne pourra pas compter sur le soutien de ses fans à Aston Villa en Ligue Europa, une décision controversée qui suscite un débat politique au Royaume-Uni sur la sécurité et la discrimination.
- Le Maccabi Tel Aviv a annoncé qu’il ne vendrait pas de billets à ses supporters pour le match contre Aston Villa le 6 novembre.
- Cette interdiction fait suite à une évaluation des risques par la police des West Midlands, qui a classé le match comme « à haut risque ».
- La décision a provoqué une vive réaction politique, avec des accusations de discrimination envers les supporters israéliens et juifs.
Le club israélien a exprimé sa déception face à cette situation, soulignant que la sécurité de ses supporters est sa priorité absolue. Dans un communiqué, le Maccabi Tel Aviv a déclaré : « Le bien-être et la sécurité de nos supporters sont primordiaux et, suite aux dures leçons apprises, nous avons pris la décision de refuser toute allocation offerte au nom des supporters extérieurs, et notre décision doit être comprise dans ce contexte. Nous espérons que les circonstances changeront et nous sommes impatients de pouvoir jouer à Birmingham dans un environnement sportif dans un avenir proche. »
La décision de la police des West Midlands s’appuie sur des renseignements concernant des incidents antérieurs, notamment des affrontements violents lors d’un match de Ligue Europa entre l’Ajax et le Maccabi Tel Aviv à Amsterdam en 2024. Les autorités britanniques craignent des troubles similaires à Birmingham.
L’interdiction a rapidement suscité des critiques de la part de personnalités politiques. Le Premier ministre Sir Keir Starmer a été parmi les premiers à réagir, et le gouvernement britannique a annoncé qu’il examinait les moyens de permettre à tous les supporters d’assister au match. Cependant, le Maccabi Tel Aviv a maintenu sa décision de ne pas vendre de billets à ses supporters.
Le club a également dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de diffamation visant à stigmatiser ses supporters. Il affirme que la majorité de ses fans ne sont pas impliqués dans le racisme ou le hooliganisme et que des incidents isolés sont exploités à des fins politiques. « Notre équipe première est composée de joueurs musulmans, chrétiens et juifs et notre base de fans dépasse également les clivages ethniques et religieux », a souligné le club dans son communiqué.
La secrétaire à la Culture, Lisa Nandy, a qualifié la décision d’interdire les supporters du Maccabi de « choix de l’exclusion » du peuple juif. S’exprimant devant la Chambre des communes, elle a déclaré :
« Nous devrions être consternés que l’évaluation initiale des risques était, a-t-elle affirmé, “basée en grande partie sur le risque posé aux supporters présents qui soutiennent le Maccabi parce qu’ils sont israéliens et parce qu’ils sont juifs”. La solution proposée, qui consiste à exclure un groupe de la participation, est erronée. Elle choisit l’exclusion plutôt que d’examiner toutes les options disponibles pour gérer ce risque. Il s’agit de qui nous sommes en tant que pays. »
Lisa Nandy, secrétaire à la Culture
Parallèlement, des incidents de violence ont éclaté à Tel Aviv lors du derby entre Hapoel et Maccabi, entraînant des blessures parmi les supporters et les forces de l’ordre (12 blessés parmi les supporters, 3 policiers blessés). Le député indépendant de Birmingham Perry Barr, Ayoub Khan, a qualifié les fans du Maccabi de « hooligans » et a demandé des excuses à Sir Keir Starmer pour ses critiques envers l’interdiction.
La police des West Midlands a maintenu sa position, affirmant que la décision était basée sur des renseignements actuels et des incidents passés. Le match reste classé comme « à haut risque ».
