Attentats à Anderlecht : Tirs à l’arme contre un commissariat
Dans la nuit du vendredi 21 août 2026, un commissariat de police de la rue Démosthène à Anderlecht a été la cible de tirs d'armes de guerre, laissant douze impacts de balle sur le…
Dans la nuit du vendredi 21 août 2026, un commissariat de police de la rue Démosthène à Anderlecht a été la cible de tirs d’armes de guerre, laissant douze impacts de balle sur le bâtiment. L’attaque, survenue sans faire de blessés, suscite de vives réactions politiques face à la criminalité organisée.
Douze impacts de balle et une fuite en trottinette
L’alerte a été donnée tard dans la soirée de vendredi, aux alentours de 23h40. Selon les premiers éléments rapportés par la zone de police Bruxelles-Midi, un individu cagoulé a ouvert le feu pendant qu’un complice filmait la scène, avant de prendre la fuite à bord d’une trottinette.
Aucun blessé n’est à déplorer. Le commissariat visé était fermé au public au moment des faits, la majeure partie de ses services ayant été transférée vers le nouvel hôtel de police de Bruxelles-Midi inauguré en décembre 2025 à proximité de la gare du Midi. Quelques services continuaient néanmoins d’occuper les lieux de la rue Démosthène, bien que la police n’ait pas pu préciser si des agents se trouvaient à l’intérieur au moment des tirs. Le parquet de Bruxelles est descendu sur place, accompagné d’un expert et d’un laboratoire de la police fédérale, pour mener les constatations nécessaires.
Une volonté manifeste de déstabilisation des autorités
Pour les autorités judiciaires et policières, le choix de la cible ne laisse guère de place au doute quant aux motivations des auteurs. Le chef de corps de la zone de police de Bruxelles-Midi estime qu’il pourrait s’agir de représailles suite aux multiples opérations anti-drogue menées au cours de l’été. Une analyse partagée par le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, qui a qualifié les faits d’inadmissibles auprès de la VRT : Ce sont des faits inadmissibles, comme tout usage d’arme dans l’espace public. Il transparaît une volonté claire de déstabilisation de l’autorité au vu de la cible choisie, mais ils n’y parviendront pas.
La réplique des forces de l’ordre se veut intransigeante. Interrogé par RTL info, le commissaire Laurent Lacroix a affirmé que l’intimidation ne constituera jamais une réponse tolérée. Une chose est claire suite à cet incident, nous protégerons en interne et en externe encore plus notre personnel ainsi que la population, a-t-il déclaré, assurant que les actions policières se poursuivront sans relâche.
La classe politique réclame des mesures d’urgence face au trafic de drogue
La réaction des responsables politiques a été immédiate au lendemain des faits. Le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Bernard Quintin, s’est déclaré profondément choqué par cette attaque inacceptable, tout en affirmant que les contacts sont permanents entre les autorités policières et politiques, notamment avec le bourgmestre d’Anderlecht, Fabrice Cumps.
Face à de tels actes d’intimidation, nous ne renoncerons jamais à notre détermination à lutter fermement contre la criminalité organisée et le trafic de drogue, au contraire !
Photo: RTL Info
Bernard Quintin, ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, via RTL info et DHnet
Du côté communal, le bourgmestre Fabrice Cumps a exprimé sa solidarité envers ses équipes, soulignant que les forces de police sont soumises à une pression intolérable. Le chef de groupe MR au conseil communal d’Anderlecht, Gaëtan Van Goidsenhoven, a quant à lui estimé que la pègre envoie un signal et affirme sa volonté de contrôler le territoire.
Les critiques se multiplient également sur la portée des actions gouvernementales. Le chef de file du PS bruxellois et ministre bruxellois Ahmed Laaouej est monté au créneau pour exhorter le ministre fédéral de l’Intérieur à agir plus sévèrement. Ça suffit !, a-t-il lancé, qualifiant les mesures actuelles des ministres de l’Intérieur et de la Justice d’insuffisantes. Il réclame un renforcement urgent des moyens de la police judiciaire, une présence accrue à Bruxelles, ainsi qu’un soutien accru pour la justice et le parquet.
Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.