Des cours à distance mis en place dans plusieurs lycées pour contrer des mouvements de protestation ont été la cible de cyberblocages le 6 octobre 2026. Des intrus ont infiltré des visioconférences pour diffuser des insultes et des pseudonymes terroristes, entraînant des plaintes en justice à Nice.
Des pseudonymes terroristes s’invitent dans les cours de lycées à Nice
Le mardi 6 octobre 2026, le maire de Nice Éric Ciotti et le préfet des Alpes-Maritimes ont dénoncé de graves incidents survenus lors de cours dispensés en visioconférence dans cinq établissements du département, dont trois situés à Nice (BFM).
Parmi les pseudos relevés figurent notamment ceux de Salah Abdeslam, unique survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015, et de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, auteur de l’attentat du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais à Nice qui avait fait 86 morts et 400 blessés (France 3 Régions). Des élèves du lycée Vauban se sont connectés à des cours en visioconférence en utilisant comme pseudonymes
des références directes à des criminels et des actes terroristes (Nice-Matin).
Des utilisateurs connectés sous couvert d’anonymat ont employé des noms lourds de sens pour perturber l’enseignement. Le rappeur Freeze Corleone, condamné en avril dernier à de la prison avec sursis pour apologie du terrorisme, a également été utilisé comme pseudonyme par les perturbateurs (BFM).
À ces provocations se sont ajoutés des cris racistes, des insultes, des bruitages et des diffusions de musique qui ont forcé les enseignants à couper court aux sessions en ligne (Actu).
Les « e-blocus » se structurent sur TikTok et Discord
Dès la nuit du lundi 5 au mardi 6 octobre 2026, des salons de discussion sur Discord, baptisés « Visio Blocus », ont relayé des liens d’accès vers des classes virtuelles (Lemonde).
Des publications sur TikTok et Snapchat appelaient massivement à recenser ces URL officielles pour lancer des « e-blocus » et saturer les plateformes d’enseignement à distance comme BigBlueButton, Visio Agents, Jitsi, Zoom, Teams ou Google Meet (Lemonde).

Une vidéo appelant à cette pratique a rassemblé plus de 3 200 commentaires en vingt-quatre heures (Lemonde).
Cette riposte numérique s’est organisée sur les réseaux sociaux face à la fermeture administrative de centaines d’établissements scolaires par le ministère de l’Éducation nationale pour contrer les blocages physiques sur le terrain (Contre Attaque).
Le parquet de Nice saisi après les plaintes de l’académie
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a confirmé avoir reçu trois signalements distincts pour des faits de ce type dans trois lycées de la ville (France 3 Régions).
La préfecture des Alpes-Maritimes a qualifié ces actes de particulièrement graves, estimant que les atteintes aux valeurs de la République, les injures et, plus particulièrement, toute référence ou glorification de mouvements ou de personnes liés au terrorisme sont particulièrement graves et choquantes
(BFM).
Pour faire face à ces infractions, le rectorat de l’académie de Nice a procédé à un dépôt de plainte systématique par établissement concerné (France 3 Régions).

La préfecture a également activé l’article 40 du Code de procédure pénale, qui impose à toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs
(BFM).
Si le maire de Nice incrimine directement des lycéens, le préfet Jean-Marie Girier se montre plus mesuré et évoque la possibilité que des personnes extérieures s’étant procurées les codes d’accès aux visioconférences
se soient infiltrées dans les cours (BFM).
Les investigations ont été confiées à la Police Judiciaire de Nice afin d’identifier les auteurs des faits sous les qualifications d’apologie du terrorisme, d’injures à caractère raciste et de menaces visant des personnes chargées d’une mission de service public (Actu).