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Au moins cinq jeunes Néerlandaises invitées à se suicider via un groupe de discussion

by Nicolas Lefèvre

Publié le 10 janvier 2026 à 21h46. Au moins cinq jeunes Néerlandaises ont été poussées au suicide ces deux dernières années par un groupe de discussion en ligne sadique, révélant une nouvelle forme de cyberharcèlement extrême ciblant les adolescents.

  • Cinq adolescentes néerlandaises auraient tenté de se suicider sous la pression d’un groupe de discussion en ligne.
  • Ces groupes, faisant partie d’un réseau international de cybercriminels appelé « The Com », recrutent des jeunes via les réseaux sociaux et les plateformes de jeux.
  • Les agresseurs utilisent des techniques de manipulation psychologique, allant du « bombardement d’amour » à l’extorsion, pour pousser leurs victimes à commettre des actes de plus en plus graves.

Un réseau international de cybercriminels est accusé d’avoir poussé au moins cinq jeunes Néerlandaises au suicide, selon des informations révélées par la police et rapportées par le Algemeen Dagblad. Rob van Bree, chef de l’Unité nationale d’enquête, a confirmé l’existence de ces cas à l’émission Nieuwsuur.

Ces groupes de discussion s’inscrivent dans un réseau plus vaste, connu sous le nom de « The Com » ou « The Community ». Il s’agit d’un réseau international de cybercriminels qui recrutent des jeunes, souvent via les réseaux sociaux ou les plateformes de jeux en ligne. Les auteurs, fréquemment de jeunes hommes, incitent leurs victimes – généralement des filles âgées de 12 à 22 ans – à accomplir des tâches de plus en plus horribles.

Selon Rob van Bree, les agresseurs commencent par établir un lien de confiance avec leurs victimes. « Les agresseurs tentent d’attirer les jeunes victimes en leur faisant des compliments, ce que nous appelons le bombardement d’amour », a-t-il expliqué. « C’est une technique que l’on retrouve également chez les “loverboys” ».

Une fois la confiance établie, les agresseurs tentent de collecter des informations compromettantes, telles que des photos intimes, afin de faire chanter leurs victimes. « Ensuite, ils tentent de persuader les victimes de se circoncire, de tuer des animaux, allant parfois jusqu’à inciter à la maltraitance de leurs frères et sœurs. Et dans un certain nombre de cas, ils tentent de persuader les victimes de se suicider », a précisé M. van Bree.

Exemples réels de messages de chat, traduits de l'anglais, envoyés dans un groupe de discussion sadique
Exemples réels de messages de chat, traduits de l’anglais, envoyés dans un groupe de discussion sadique

Les auteurs demandent à leurs victimes d’enregistrer ces actes et de partager les images dans des groupes de discussion séparés. « Pour être pris au sérieux dans ces discussions, vous devez télécharger du matériel extrême », a expliqué M. van Bree. « Plus le contenu est choquant, plus le statut de la victime est élevé. »

Les suspects sont souvent des hommes âgés de 14 à 30 ans, qui souffrent fréquemment de problèmes psychologiques. Cependant, selon M. van Bree, il ne semble pas y avoir d’idéologie claire derrière ces actes. « Ce qu’ils recherchent, c’est la violence et le chaos. Ils partagent même des manuels expliquant comment inciter quelqu’un à commettre ce genre d’actes. »

Selon la police, plusieurs centaines de suspects et de victimes pourraient être impliqués dans le monde entier, dont des dizaines aux Pays-Bas. « Mais nous savons aussi que nous n’en voyons qu’une partie limitée », a ajouté M. van Bree.

Cruauté envers les animaux et éléments terroristes

Arda Gerkens, présidente du conseil d’administration de l’Autorité du matériel terroriste et pédopornographique en ligne (ATKM), souligne la difficulté d’avoir une image complète de la situation en raison de l’absence d’idéologie claire et de la diversité des missions confiées aux victimes. « Certains se livrent à l’extorsion, d’autres forcent les gens à s’automutiler. On observe des actes de cruauté envers les animaux et des éléments qui rappellent des idéologies terroristes et extrémistes. C’est un large éventail de comportements répréhensibles qui se combinent. »

« The Com » est composé de nombreux petits réseaux différents, ce qui rend difficile l’identification des motivations des auteurs. « On observe une sorte d’idéologie nihiliste dans ces groupes : tout doit être détruit, rien n’a de sens. Cela s’accompagne d’une glorification de la violence », a précisé Mme Gerkens.

Un aspect particulièrement préoccupant est que certaines victimes de ces groupes de discussion sadiques finissent par devenir elles-mêmes les auteurs de ces actes. « Elles sont encouragées à le faire pour sortir de leur situation désespérée », a déclaré M. van Bree.

« Cela peut arriver à n’importe qui »

M. van Bree insiste sur le fait que les victimes ne sont pas uniquement des jeunes filles vulnérables. « Les jeunes de cet âge sont tous vulnérables. Cela peut arriver à n’importe qui », a-t-il souligné.

Il appelle les parents à être attentifs aux activités en ligne de leurs enfants. « Nous devons nous intéresser à ce qu’ils font en ligne, dialoguer avec eux et leur offrir un espace sûr où ils pourront partager leurs expériences. »

Arrestations

Au cours des six derniers mois, deux Néerlandais ont été arrêtés pour implication présumée dans ce type de réseau. En juillet, Justin B., un habitant d’Eindhoven, a été arrêté en tant que fondateur du réseau en ligne « No Lives Matter », une émanation du groupe de discussion sadique international « 764 ». B. est soupçonné d’avoir incité à la violence extrême et à l’automutilation.

Mert A., 23 ans, de Hoofddorp, est également soupçonné d’avoir fait chanter des jeunes avec des images intimes et de les avoir forcés à s’automutiler, selon le ministère public. Plus d’informations sur cette arrestation sont disponibles ici.

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