Le groupe américain de metalcore Bad Omens a prouvé sa capacité à remplir les grandes salles lors de sa première tournée britannique dans des arènes, avec un spectacle visuellement impressionnant et une musique qui explore de nouveaux territoires sonores. La prestation au Alexandra Palace de Londres, le 26 novembre, a mis en lumière l’ascension fulgurante du groupe, mais a également révélé un certain manque de connexion avec le public.
Formé en 2015, Bad Omens a connu un succès grand public en 2022 avec son troisième album, The Death of Peace of Mind. Cet album a marqué un tournant grâce à des mélodies accrocheuses et une narration complexe, des éléments qui ont contribué à la popularité du groupe sur TikTok. Bien que leur quatrième album studio ne soit pas encore sorti, cette tournée confirme leur place aux côtés des figures majeures du genre, comme Bring Me the Horizon, dont ils ont assuré la première partie l’année dernière.
Dès les premières notes de « Specter », un titre récent et entraînant, l’atmosphère se fait pesante, renforcée par la fumée artificielle qui envahit la scène. Le groupe ne se contente pas de proposer un simple concert de metal : il incorpore des éléments d’industrial, d’électronique et de drum’n’bass, témoignant d’ambitions musicales plus larges. Cette approche fluide est portée par la voix versatile de Noah Sebastian, capable de passer du chant doux aux cris déchirants, et même d’imiter le style de Poppy, avec qui il a collaboré sur le titre « VAN ».
Le répertoire présenté lors de la soirée alterne les ambiances : « Dying to Love » est empreint d’une esthétique gothique, « Nowhere to Go » se rapproche du pop punk énergique, et « Impose » combine des rythmes breakbeat et des batteries metal à double pédale. Le batteur Nick Folio se distingue particulièrement par sa capacité à équilibrer puissance brute et résonance ample.
L’ouverture du groupe aux sonorités pop actuelles est un facteur clé de son succès. The Death of Peace of Mind rappelle l’univers R&B sombre de The Weeknd, revisité à la sauce Bring Me the Horizon, avec des envolées vocales, des rythmes mélancoliques et des passages metal puissants.
Cependant, malgré cette production impressionnante, Bad Omens ne semble pas encore totalement à l’aise dans les arènes. La performance, bien que professionnelle, manque de spontanéité et de connexion avec le public. On a parfois l’impression d’assister à une reproduction fidèle de l’album en concert, plutôt qu’à une véritable interaction entre les musiciens. Noah Sebastian, en particulier, semble distant, et son enthousiasme est limité, même lorsqu’il demande au public s’il s’amuse : « Vous vous amusez ? »
La tournée se poursuit dans différentes villes du Royaume-Uni après le concert de Londres.