Home MondeBerlin et Varsovie font partie de la coalition en faveur de droits de douane sur l’acier et les engrais russes

Berlin et Varsovie font partie de la coalition en faveur de droits de douane sur l’acier et les engrais russes

by Clara Dubois

Publié le 26 novembre 2024 10h30. Plusieurs pays de l’Union européenne réclament un durcissement des sanctions commerciales contre la Russie et la Biélorussie, en visant notamment les secteurs de l’acier, des engrais et de la chimie, à l’approche d’une réunion cruciale des ministres du Commerce à Bruxelles.

  • Une coalition menée par l’Estonie, la Finlande, l’Allemagne, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Suède souhaite étendre les droits de douane aux engrais, à l’acier et aux produits chimiques.
  • Les importations de fer et d’acier russes représentent encore 8 % des importations totales de l’UE en provenance de Russie en 2024, soit environ 1,3 milliard d’euros au premier semestre.
  • Les pays demandent également des droits de douane sur les engrais potassiques, actuellement importés sans droits dans le cadre de quotas.

Bruxelles pourrait prochainement renforcer son arsenal économique contre Moscou et Minsk. Une initiative commune de sept États membres de l’Union européenne vise à élargir le champ des sanctions commerciales existantes. Selon un document consulté par Euractiv, ces pays plaident pour l’imposition de droits de douane sur une gamme plus étendue de produits russes et biélorusses, notamment les engrais, l’acier et les produits chimiques, avant la réunion des ministres du Commerce prévue lundi à Bruxelles.

L’argumentaire repose sur la pression exercée sur l’industrie sidérurgique européenne. Le document précise que les importations de fer et d’acier en provenance de Russie se sont élevées à environ 1,3 milliard d’euros au premier semestre 2025, représentant 8 % des importations totales de l’UE en provenance de Russie. Les pays initiateurs estiment que de nouvelles restrictions commerciales sont justifiées dans ce contexte.

Au-delà de l’acier, la coalition cible également les engrais potassiques, actuellement importés à taux zéro dans le cadre d’un quota annuel de 837 000 tonnes. Une fois ce seuil atteint, les importations sont bloquées. Les États membres souhaitent soit supprimer ces quotas, soit imposer des droits de douane, à l’image de ce qui a été fait pour les engrais azotés en juillet dernier. Ils soulignent que les importations d’engrais potassiques ont déjà augmenté, passant de 102 millions d’euros en 2023 à 141 millions d’euros en 2024.

Les pays demandent également un ciblage des produits chimiques inorganiques, tels que l’ammoniac – utilisé à la fois comme engrais et dans des applications militaires – et les phosphates de calcium. Ils estiment que ces importations russes pourraient être aisément remplacées par des alternatives américaines, les États-Unis étant un important producteur et exportateur mondial. De plus, ils suggèrent d’éliminer progressivement les produits chimiques ayant des applications nucléaires, conformément à l’initiative REPowerEU.

Enfin, la note d’information souligne que les importations de poisson restent une source d’approvisionnement importante pour l’UE, représentant 2,5 % des importations totales en provenance de Russie en 2024 et 2025.

(adm, aw)

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