Home Nouvelles“Bienvenue à Derry” met le feu au mal raciste sans insultes incendiaires

“Bienvenue à Derry” met le feu au mal raciste sans insultes incendiaires

by Nicolas Lefèvre

La série préquelle de « Ça », Bienvenue à Derry, aborde frontalement le racisme profondément ancré dans la ville fictive du Maine, notamment à travers l’incendie criminel d’un bar clandestin fréquenté par la communauté afro-américaine locale. Cet événement tragique, qui a coûté la vie à 23 personnes, est au cœur d’un épisode poignant qui explore les tensions raciales de l’Amérique des années 1960.

L’incendie du Black Spot, un lieu où les Noirs pouvaient se divertir en toute sécurité, est progressivement dévoilé au fil de la saison. La série suit Will Hanlon (Blake Cameron James), un jeune garçon noir qui vient d’emménager à Derry avec ses parents, Leroy (Jovan Adepo) et Charlotte (Taylor Paige). À travers leurs expériences, le spectateur est plongé au cœur de cette réalité brutale.

La violence raciste se manifeste de manière insidieuse, mais palpable. Charlotte est témoin d’une tentative d’agression contre un enfant plus faible, tandis que Leroy est confronté à l’indifférence d’un aviateur blanc qui refuse de le saluer. Will, quant à lui, est victime d’un mauvais tour à la bombe puante de la part d’un camarade de classe. Ces incidents, bien que subtils, illustrent le climat de haine qui règne à Derry.

L’épisode central, « The Black Spot », co-écrit par Jason Fuchs et Brad Caleb Kane, met en lumière l’ampleur de l’intolérance. Un groupe de lynchage local, armé de cocktails Molotov, incendie le bar, tuant 23 personnes, dont des femmes et un jeune musicien prometteur. La série évite délibérément l’utilisation de termes racistes explicites, préférant suggérer la haine à travers les actes et les regards.

« Nous nous demandions : ‘Où sont les insultes raciales ?’ », se souvient l’acteur Chris Chalk, qui interprète Dick Hallorann. « Nous voulions que le racisme soit au premier plan. Et il nous a fallu du temps pour réaliser que c’était une autre sorte de série. Ils doivent être un peu plus intelligents dans la façon dont ils manifestent le racisme, parce que dans le livre, il y en a à profusion. »

Les créateurs de la série ont consciemment choisi de ne pas reproduire la violence verbale du roman original de Stephen King, préférant une approche plus nuancée. Ils ont également veillé à diversifier l’équipe de scénaristes, en incluant des auteurs comme Cord Jefferson (American Fiction), afin d’apporter une perspective plus large et plus sensible sur les questions raciales.

« Cette ville est le monstre », déclare Charlotte, réalisant que le véritable danger ne vient pas d’une entité surnaturelle, mais de la haine et de l’intolérance qui gangrènent Derry. Bienvenue à Derry ne se contente pas de raconter une histoire d’horreur, elle explore également les racines profondes du racisme et ses conséquences dévastatrices.

La série a suscité des réactions mitigées, certains fans de Stephen King regrettant l’absence de Pennywise, le clown terrifiant. Cependant, les showrunners ont réussi à créer une atmosphère oppressante et à mettre en évidence le fait que le racisme est peut-être la source d’énergie la plus durable pour le démon qui hante Derry.

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