Home DivertissementBlawan: Sick Elixir review – it’s man vs machine in an oppressive, ominous trip down the rabbit hole | Music

Blawan: Sick Elixir review – it’s man vs machine in an oppressive, ominous trip down the rabbit hole | Music

by Antoine Girard

Le nouvel album de Blawan, SickElixir, est une plongée sans concession dans un univers sonore sombre et oppressant, loin des attentes habituelles de la musique électronique. L’œuvre, fruit d’une période personnelle difficile, explore les limites de la catharsis sonore et de l’expérimentation rythmique.

Dès la première minute du premier morceau, l’auditeur est confronté à un paysage sonore troublant : un mélange de râles, de basses distordues, de cliquetis métalliques et de chants gutturaux déformés. L’album, rythmiquement et musicalement plus varié que son prédécesseur Wet Will Always Dry (2018), s’éloigne des rythmes classiques en quatre temps pour explorer des influences hip-hop, électro et même footwork, évoquant parfois les textures glitchy d’Aphex Twin ou μ-Ziq.

Jamie Roberts, de son vrai nom, s’est imposé depuis 2010 avec un style industriel et sombre, débutant avec Fram sur le label Hessle Audio. Sa capacité à déconstruire des morceaux existants, comme sa réinterprétation de I Wanna Be Down de Brandy, a marqué les esprits. Son titre le plus connu, Why They Hide Their Bodies Under My Garage (2012), avec sa ligne de basse plongeante et son sample des Fugees, a même trouvé sa place dans les sets de DJs plus mainstream, bien que souvent remixé pour un public plus large.

Cette reconnaissance a paradoxalement conduit Roberts à une pause de trois ans dans la publication de musique sous le nom de Blawan. Wet Will Always Dry, son premier album, avait délibérément refusé de suivre les conventions de la musique dance, privilégiant huit morceaux de techno dense et intransigeante. Les années suivantes, il a exploré différents styles, notamment avec le projet Karenn (en duo avec Pariah) et Persher, sans pour autant chercher à élargir son public.

SickElixir, bien que plus varié, conserve une intensité émotionnelle particulière. Enregistré après une lutte contre la dépendance et le deuil de plusieurs amis, l’album est composé de morceaux courts, d’environ trois minutes, saturés de sons et de ruptures abruptes. Les voix, souvent des grognements gutturaux ou des murmures paniqués, sont manipulées au point de devenir incompréhensibles, mais laissent présager des nouvelles peu réjouissantes.

Le morceau Rabbit Hole pourrait être qualifié de psychédélique, avec ses vagues de bruit électronique et ses vocales en boucle, mais il évoque surtout la sensation désagréable et soudaine que procure une expérience psychotrope. Sur Don’t Worry We Happy et le morceau titre, Roberts semble déformer les sonorités joyeuses et naïves de l’old school happy hardcore pour les rendre moqueuses et cauchemardesques.

L’atmosphère de l’album est si intense que même les sons les plus anodins prennent une dimension sinistre. L’arpège de synthétiseur flottant de Creature Brigade devient étrange avant même que le morceau ne s’effondre dans une ambiance inquiétante. Une voix siffle même « Be quiet! Be quiet! » sur Weirdos United, une phrase qui, bien qu’il s’agisse en réalité d’une réaction à son chien qui ronfle, paraît menaçante dans ce contexte.

À l’écoute de SickElixir, on a l’impression de remonter à la surface après une longue immersion. L’album est une plongée vertigineuse dans un esprit tourmenté, un voyage exigeant qui ne se prête pas à une écoute quotidienne, mais qui mérite d’être entrepris.

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