Publié le 6 janvier 2025 à 09h27. Les syndicats boliviens, regroupés au sein de la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB), ont entamé une mobilisation de grande ampleur à La Paz pour dénoncer la suppression des subventions sur les carburants, menaçant de paralyser le pays par un blocage routier national.
- La COB exige l’abrogation du décret 5503, qui a entraîné une forte augmentation des prix des carburants.
- Les manifestants ont prévenu qu’ils radicaliseront leur mouvement si le gouvernement maintient sa position.
- Le gouvernement bolivien justifie cette mesure par la nécessité de garantir l’approvisionnement en carburant et de stabiliser le marché des changes.
Après trois jours de marche depuis Calamarca, à 58 kilomètres au sud de La Paz, les membres de la COB sont arrivés lundi dans la capitale bolivienne pour exiger l’annulation du décret 5503, publié le 17 décembre. Ce texte de loi a fixé les prix de l’essence spéciale à 6,96 bolivianos (environ 1 dollar) le litre, de l’essence super à 11 bolivianos (1,58 dollar) et du diesel à 9,80 bolivianos (1,40 dollar). Ces tarifs représentent une hausse de 86 % pour l’essence et de 162 % pour le diesel par rapport aux prix subventionnés en vigueur depuis plus de vingt ans.
La mobilisation, baptisée « La Bolivie n’est pas à vendre », a débuté samedi et a progressé depuis le quartier de Senkata à El Alto vers le centre de La Paz. Lors d’un rassemblement organisé dans le secteur de La Ceja, les représentants de la COB ont annoncé qu’ils seraient prêts à instaurer un blocage routier indéterminé si le gouvernement ne cédait pas à leurs revendications lors d’un dialogue prévu dans l’après-midi. Ils qualifient le décret d’« inconstitutionnel ».
Le gouvernement bolivien a par ailleurs mis en place d’autres mesures accompagnant la suppression des subventions, notamment une augmentation du salaire minimum, passant de 2 750 à 3 300 bolivianos (soit de 395 à 474 dollars), ainsi qu’une revalorisation des allocations pour les étudiants du système public et des revenus des personnes âgées non cotisantes.
Malgré les protestations, le gouvernement a réaffirmé sa détermination à ne pas revenir sur sa décision, arguant que le décret a permis de rétablir l’approvisionnement en carburant, qui était devenu rare depuis mi-2024, et que le taux de change du dollar sur le marché parallèle est désormais inférieur à 10 bolivianos.
(mn/efe, afp)
Pour aller plus loin
