Publié le 29 septembre 2025 15:32:00. Une mesure d’urgence visant à alléger les taxes sur les exportations agricoles en Argentine a suscité une vague de critiques et d’inquiétudes, révélant des tensions avec les États-Unis, des divisions internes et une perte de confiance dans le plan économique du gouvernement Milei.
- La suppression temporaire des droits de retenue sur les céréales a permis aux exportateurs de liquider rapidement 7 milliards de dollars, mais a également entraîné des conséquences imprévues.
- Les agriculteurs argentins dénoncent une mesure qu’ils considèrent comme un simple “arrangement” pour masquer les difficultés économiques du gouvernement.
- Les craintes concernant la récession économique et les perspectives électorales du gouvernement Milei se multiplient, tant à Washington qu’au sein du secteur privé argentin.
Le gouvernement argentin a mis en place, pendant 48 heures, une suppression temporaire des droits de retenue sur les exportations agricoles, dans l’espoir de générer rapidement des revenus en devises. Cette mesure a permis aux exportateurs de liquider 7 milliards de dollars (USD) en ventes à terme, mais a rapidement révélé un ensemble de problèmes complexes et interconnectés.
La décision a provoqué la désapprobation des acteurs locaux, notamment des organisations agricoles, qui estiment qu’elle ne profite qu’à une minorité d’exportateurs. Javier Rotondo, vice-président de la Confédération rurale argentine (CRA), a qualifié cette mesure de « négociation » financière qui « déçoit le producteur agricole et sert à couvrir le feu » du gouvernement. Les agriculteurs nord-américains ont également exprimé leur mécontentement face à la position de l’administration Trump, exacerbant les tensions commerciales.
Parallèlement, la situation économique argentine continue de susciter l’inquiétude à Washington. L’annonce de la réintégration des actions vendredi n’a fait que confirmer les faiblesses du plan économique actuel, alertant le secteur privé. Les bureaux d’affaires argentins s’inquiètent d’une récession qui s’aggrave et des perspectives électorales du gouvernement Milei en octobre. Un consensus se dégage, basé sur des sondages et des consultations avec les secteurs productifs, qui prévoit un scénario défavorable pour le parti libertaire.
La volatilité financière persiste, avec un dollar officiel ouvert à 1 300 pesos argentins (ARS) pour l’achat et 1 350 ARS pour la vente. Le dollar “bleu” (marché noir) se négocie à 1 420 ARS pour l’achat et 1 440 ARS pour la vente. L’écart entre les différents taux de change continue de se creuser, reflétant l’instabilité économique du pays.
En outre, une plainte judiciaire a été déposée contre les autorités nationales et les entreprises céréalières pour « administration frauduleuse, abus d’autorité et violation des fonctions d’un responsable public », ajoutant une nouvelle couche de complexité à la situation.
Lundi, Scott Besent, secrétaire au Trésor des États-Unis, a annoncé sur Twitter que les États-Unis étaient prêts à aider l’Argentine à stabiliser son économie grâce à des lignes d’échange, des achats directs de devises et des achats de dette gouvernementale avec le Fonds de stabilisation des échanges (FSE). Voir le tweet de Scott Besent. Cette annonce a temporairement apaisé les tensions financières, mais n’a pas suffi à résoudre les problèmes structurels de l’économie argentine.
À ne pas manquer
