Home MondeBoycotter le « Premier Sang » du Japon ? Une compagnie de bus touristiques a perdu 30 millions de yens, le propriétaire s’avère être chinois

Boycotter le « Premier Sang » du Japon ? Une compagnie de bus touristiques a perdu 30 millions de yens, le propriétaire s’avère être chinois

by Clara Dubois

Publié le 23 novembre 2025 à 23h33. La récente tension diplomatique entre la Chine et le Japon commence à peser sur le secteur touristique japonais, avec des annulations massives de voyages organisés, mais l’impact se révèle plus complexe qu’il n’y paraît, touchant des intérêts chinois déjà bien implantés dans l’archipel.

  • Une compagnie de bus touristique japonaise a subi des pertes de plus de 30 millions de yens (environ 1,49 million de dollars de Hong Kong) suite à une vague d’annulations de groupes chinois.
  • L’entreprise touchée, « East Nippon International Travel Service Co., Ltd. », est en réalité dirigée par un entrepreneur d’origine chinoise, suscitant des accusations de boycott interne.
  • Le capital chinois est déjà fortement présent dans le tourisme japonais, avec des investissements significatifs dans les hôtels, les commerces et les hébergements.

Les relations sino-japonaises, déjà fragiles, se sont récemment tendues, et c’est l’industrie touristique japonaise qui ressent les premières secousses. Entre le 16 et le 20 novembre, une compagnie de bus touristique a enregistré une vague d’annulations sans précédent, justifiées par « l’impact de la situation internationale ». Ces annulations représentent une perte de plus de 60 voyages de groupes, pour un montant total dépassant les 30 millions de yens (environ 1,49 million de dollars de Hong Kong). Selon les responsables de l’entreprise, les touristes européens et américains représentent une clientèle saisonnière, tandis que les Chinois constituent désormais une part essentielle du marché, en particulier durant la basse saison hivernale, représentant entre 50 et 60 % des visiteurs entre décembre et février ces dernières années.

L’incident a rapidement pris une tournure inattendue lorsque des internautes ont découvert que la compagnie de bus, « East Nippon International Travel Service Co., Ltd. », créée en 2008 avec un capital social de 98 millions de yens, est en réalité affiliée à un groupe dirigé par Xie Shanpeng, un entrepreneur d’origine chinoise. L’entreprise possède des bureaux à Hong Kong et en Chine continentale, et opère sous le nom de « Good Travel Japan » sur le marché chinois, proposant une gamme complète de services touristiques : hébergement, transport, guides, traductions, etc. Certains observateurs ont ironisé sur la situation, notant que

« Les voyageurs chinois ne viennent pas au Japon, et c’est l’agence de voyage chinoise qui est la première à en subir les conséquences. »

Cette situation révèle l’ampleur de l’investissement chinois dans le secteur touristique japonais. La station thermale d’Ishiwa, dans la préfecture de Yamanashi, surnommée le « jardin arrière de Tokyo », voit ainsi environ un quart de ses hôtels détenus par des capitaux chinois. Des boutiques destinées aux touristes chinois se sont également multipliées dans des quartiers populaires comme Dotonbori à Osaka, offrant des services de réexpédition de marchandises vers la Chine. À Kyoto, de nombreux employés de pharmacies maîtrisent le mandarin, et de nombreux logements de type « Bed and Breakfast » sont gérés par des groupes chinois, proposant des forfaits tout compris.

L’interdiction de voyager imposée par la Chine aura donc inévitablement un impact sur le tourisme japonais, mais les premiers à en souffrir ne seront pas nécessairement les entreprises japonaises. Outre les propriétaires d’entreprises, les étudiants internationaux parlant mandarin, les réceptionnistes d’hôtel et les guides touristiques pourraient également voir leurs moyens de subsistance menacés.

Parmi les investisseurs hongkongais intéressés par le marché touristique japonais, on retrouve Yang Guanhua, fondateur de « Huaji Positive Energy » et de Century 21 China Properties. En 2020, il a acquis le promoteur immobilier japonais « Sunshine Co., Ltd. » pour plus d’un milliard de yens (environ 73 millions de dollars de Hong Kong), dans l’espoir d’intégrer ses activités immobilières, hôtelières et de courtage au Japon. Sunshine Co., Ltd. possède des projets résidentiels et des chambres d’hôtes à Tokyo et Osaka. Yang Guanhua anime régulièrement des conférences sur l’investissement immobilier au Japon, présentant les opportunités de générer des revenus passifs. Sa chaîne YouTube témoigne de ses efforts de promotion.

Yang Guanhua, fondateur de « Huaji Positive Energy » et de Century 21 China Properties, a acquis le promoteur immobilier japonais « Sunshine Co., Ltd ». pour plus d'un milliard de yens (environ 73 millions de dollars de Hong Kong) en 2020. (Facebook : WKtv Huaji Channel)
Yang Guanhua, fondateur de « Huaji Positive Energy » et de Century 21 China Properties, a acquis le promoteur immobilier japonais « Sunshine Co., Ltd ». pour plus d’un milliard de yens (environ 73 millions de dollars de Hong Kong) en 2020. (Facebook : WKtv Huaji Channel)

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