Publié le 2 novembre 2025. Une étudiante en médecine de Mount Sinai a découvert des approches novatrices en matière de santé mentale lors d’un stage au Népal, où l’implication familiale et la spiritualité jouent un rôle central dans les soins aux patients.
- L’importance de la famille dans le processus de guérison, même en psychiatrie, a été soulignée.
- L’intégration des croyances religieuses et spirituelles dans le traitement de la dépression s’est avérée particulièrement efficace.
- L’expérience a permis à l’étudiante de s’immerger dans la culture népalaise et de comprendre l’impact de celle-ci sur la santé.
Salonee Shah, étudiante en quatrième année de médecine à l’École de médecine ICAHN de Mount Sinai, a passé un mois de février au Népal dans le cadre de son stage clinique. Cette expérience, rendue possible par le financement de l’Arnhold Institute for Global Health de Mount Sinai, a profondément marqué son parcours et façonné sa vision de la médecine.
Au sein de l’hôpital Dhulikhel, Salonee Shah a partagé son temps entre les services de pédiatrie et de psychiatrie. Elle a été frappée par le rôle prépondérant de la famille dans les soins, une approche radicalement différente de celle observée aux États-Unis. Contrairement aux pratiques habituelles, les familles étaient autorisées à rester aux côtés de leurs proches tout au long de la journée, y compris dans l’unité de psychiatrie sécurisée. « J’ai constaté que ce niveau d’implication améliore significativement le moral des patients et favorise une meilleure compréhension de la maladie mentale au sein de la famille », explique-t-elle. Le personnel de l’hôpital a d’ailleurs rapporté très peu de problèmes de sécurité liés à cette pratique.
Un autre aspect notable a été l’intégration des croyances religieuses et spirituelles dans le traitement des troubles mentaux. Au Népal, la religion est souvent perçue comme un facteur de protection essentiel contre la dépression. Il est donc devenu primordial pour les soignants de s’appuyer sur ces convictions pour élaborer des plans de soins adaptés. Cette observation a rappelé à Salonee Shah l’importance de prendre en compte le contexte culturel dans la pratique médicale et de renforcer la relation de confiance entre le patient et le professionnel de santé, un élément souvent négligé aux États-Unis.
L’immersion dans la culture népalaise a également été une composante essentielle de cette expérience. En dehors de l’hôpital, Salonee Shah a eu l’occasion de découvrir les traditions locales, de déguster des plats typiques comme les momos (sorte de raviolis) et les thalis (plateaux repas variés) dans de petites cantines, et de visiter des temples historiques. Elle a également assisté à des processions funéraires et à des rituels religieux le long de la rivière Bagmati, des cérémonies qui témoignent de l’importance de la spiritualité, du deuil et de la communauté dans la vie quotidienne.
Les soirées étaient souvent consacrées à la randonnée le long des sentiers entourant de petites fermes et des terres cultivées, une manière paisible de profiter de la nature et des sons de la vallée.
Salonee Shah, désormais résidente en psychiatrie au Baylor College of Medicine de Houston, prévoit de se spécialiser en psychiatrie infantile et adolescente. Elle espère mettre à profit son expérience au Népal pour travailler avec des familles de réfugiés et d’immigrants, en adoptant une approche axée sur les traumatismes. « Ce séjour au Népal a été une source d’inspiration, tant sur le plan médical que personnel », confie-t-elle. « J’espère avoir l’occasion d’y retourner un jour en tant que médecin. »
L’auteur, à droite, photographiée avec Cecilia Katzenstein, MD.
Salonee Shah, MD, est une jeune diplômée de l’École de médecine ICAHN à Mount Sinai.