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Technologie et science

Bruit ultrasonique produit par des plantes stressées

Une tomate déshydratée émet environ 35 clics par heure, selon des chercheurs de l'université de Tel-Aviv qui ont capté pour la première fois des sons ultrasoniques émis par des…

Bruit ultrasonique produit par des plantes stressées

Une tomate déshydratée émet environ 35 clics par heure, selon des chercheurs de l’université de Tel-Aviv qui ont capté pour la première fois des sons ultrasoniques émis par des plantes soumises à la sécheresse ou à des blessures en octobre 2026. Inaudibles pour l’homme mais perceptibles par certains animaux, ces bruits ouvrent de nouvelles perspectives pour la surveillance agricole.

Les végétaux ne vivent pas dans un silence absolu.

Des scientifiques ont réussi à enregistrer des bruits distincts produits par des tomates et des plants de tabac lors d’expériences menées dans une enceinte acoustique isolée. Ces sons se déclenchent principalement lorsque les cultures manquent d’eau ou subissent une coupe de tige.

Bioacoustique végétale : Quand le son influence la vie des plantes

Des clics ultrasoniques comparables au bruit du maïs soufflé

Placés à environ dix centimètres des spécimens testés, des microphones spécialisés ont capté des émissions acoustiques situées entre 40 et 80 kilohertz. Cette fréquence dépasse largement la capacité auditive humaine, dont la limite maximale se situe autour de 16 kilohertz pour un adulte. En revanche, le volume de ces signaux atteint 60 à 65 décibels, ce qui correspond à l’intensité d’une conversation normale. Les chercheurs décrivent ces bruits comme des claquements ou des craquements semblables au maïs qui éclate dans une casserole.

Une plante saine produit moins d’un son par heure. À l’inverse, l’intensité de cette activité sonore varie selon l’état physiologique du végétal : une tomate déshydratée émet environ 35 clics par heure, tandis que les plantes blessées ou assoiffées de l’université de Tel-Aviv multiplient les signaux pour atteindre des dizaines d’émissions sur la même période. L’équipe à l’origine des travaux, menée par la professeure Lilach Hadany et Yossi Yovel, a élargi ses observations à d’autres espèces, démontrant que le phénomène touche également le blé, le maïs, la vigne et les cactus.

Des plantes trahies par la cavitation

La cause exacte de ces émissions demeure incertaine, même si les scientifiques avancent l’hypothèse de la cavitation. Ce processus physique correspond à la formation et à l’éclatement de bulles d’air à l’intérieur du système vasculaire de la plante. Rien n’indique toutefois que les végétaux produisent ces sons de manière intentionnelle ou qu’ils ressentent une douleur semblable à celle des animaux.

Certains papillons de nuit ou animaux pourraient ainsi évaluer l’état sanitaire d’un plant avant de s’en nourrir ou d’y pondre leurs œufs, selon les observations. De la même manière, d’autres végétaux pourraient théoriquement anticiper un stress hydrique en interceptant ces bruits.

L’intelligence artificielle au service des serres

Pour exploiter ces données, l’équipe de recherche a entraîné des algorithmes d’apprentissage automatique. Ces programmes informatiques parviennent à différencier l’espèce végétale, à isoler les sons liés à la sécheresse de ceux provoqués par une coupure, et à identifier les signaux malgré le bruit de fond d’une serre en activité. Les enregistrements restent détectables jusqu’à cinq mètres de distance.

Cette technologie pourrait transformer la surveillance agricole en signalant les besoins en eau des cultures bien avant l’apparition des premiers symptômes visuels sur les feuilles ou les tiges. Les capteurs acoustiques s’ajouteraient ainsi aux bulletins météorologiques et aux sondes d’humidité du sol déjà utilisés par les exploitants.

L’efficacité du dispositif sera-t-elle confirmée en milieu naturel face au vent et aux machines agricoles ?

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.