Le Kenya entre dans une phase décisive de sa diplomatie judiciaire le 3 novembre 2026 à New York, où l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité des Nations unies votent pour renouveler cinq des quinze sièges de la Cour internationale de justice. La juriste Phoebe Okowa brigue un mandat complet de neuf ans.
La mission permanente du pays auprès des Nations unies a organisé une réception à New York pour soutenir la candidature de la professeure Phoebe Okowa à un mandat complet de neuf ans à la Cour internationale de justice. Nairobi cherche à transformer en mandat de long terme une présence qui avait débuté de manière transitoire.
Phoebe Okowa vise un mandat complet à La Haye
Professeure de droit international public, Phoebe Okowa possède plus de trente ans d’expérience dans la recherche, le conseil aux gouvernements et les contentieux internationaux. Elle est également passée par la Commission du droit international des Nations unies et la Cour permanente d’arbitrage de La Haye. Sa nomination initiale en novembre 2025, après quatre tours de scrutin, lui avait permis de terminer le mandat de l’ancien juge somalien Abdulqawi Ahmed Yusuf, démissionnaire.
Ministry of Foreign Affairs, led by Principal Secretary Dr. Korir Sing’Oei, has wrapped up its diplomatic advocacy campaign for Professor Phoebe Okowa’s election to the International Court of Justice (ICJ) for the full 2027–2036 term. pic.twitter.com/is2kHrgksB
Son mandat actuel s’achève le 5 février 2027. Pour siéger jusqu’en 2036, elle doit impérativement s’imposer face à dix autres candidats lors du scrutin mené conjointement par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité.
Korir Sing’Oei a déclaré sur X que « nos interventions ont incité les membres de l’ONU présents à réfléchir au type de Cour dont notre communauté internationale a besoin, aux principes qui doivent guider sa composition et aux qualités exigées de ceux qui sont chargés d’interpréter et d’appliquer le droit international en cette période charnière de notre histoire commune. La professeure Okowa répond admirablement à ces exigences élevées et nous avons recommandé sa candidature à tous ».

Les règles strictes d'un double scrutin onusien
Les membres de l’Assemblée générale et ceux du Conseil de sécurité votent séparément mais de manière simultanée. Pour l’emporter, un candidat doit obtenir la majorité absolue dans les deux organes.
Contrairement au Conseil de sécurité où le droit de veto ne s’applique pas lors de l’élection des juges, selon les données publiées par UA.News, le processus peut s’étirer sur plusieurs tours si aucun prétendant n’atteint le seuil requis. Au total, dix personnalités venues d’Europe, d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique se disputent les cinq postes renouvelés.
En juillet, des rapports avaient indiqué que Phoebe Okowa bénéficiait de co-nominations émanant de vingt-six groupes nationaux différents.
Nairobi défend son multilatéralisme judiciaire
Les autorités de Nairobi présentent cette candidature comme le pilier d’une politique étrangère axée sur la défense de l’ordre international fondé sur des règles.

Cette stratégie diplomatique s’accompagne d’une autre démarche parallèle sur la scène judiciaire internationale, menée pour la période 2027-2036. Tom Amolo dirige le secrétariat kényan aux candidatures pour la Cour pénale internationale.
Tom Amolo a souligné, selon le journal Nation, que « ensemble, ces candidatures témoignent de l’engagement indéfectible du Kenya en faveur d’un système multilatéral fondé sur des règles, d’un investissement durable dans le service judiciaire international et de son ambition de contribuer aux institutions qui interprètent, appliquent et développent le droit international ».
Le mandat de Phoebe Okowa s’achève le 5 février 2027.