Entre 30.000 et 50.000 personnes ont manifesté vendredi 9 octobre 2026 à Bruxelles à l’appel de la FGTB et de la CSC pour dénoncer la politique socio-économique du gouvernement. La mobilisation a été marquée par des échauffourées tendues, des dégradations de bus de la STIB et l’interpellation d’au moins 21 personnes.
La mobilisation nationale organisée par les organisations syndicales s’est déroulée ce vendredi dans les rues de la capitale belge, réunissant de 30.000 manifestants selon les estimations de la police à 50.000 selon le décompte de la FGTB, dont le président Bert Engelaar s’est félicité de ce succès d’affluence. Le cortège s’est élancé de la gare Centrale vers 11h00 pour rejoindre la gare du Midi, au moment où les négociations budgétaires du gouvernement fédéral battent leur plein en vue de la déclaration de politique générale attendue le 13 octobre.
Tensions et dégradations aux abords des gares
Des centaines de jeunes masqués et vêtus de noir ont pris pour cibles les forces de l’ordre avant même le coup d’envoi officiel de la marche, se livrant à un jeu du chat et de la souris près du Mont des Arts et de la gare Centrale. Les incidents se sont ensuite propagés vers le quartier de la gare du Midi, au croisement de la rue d’Angleterre et de l’avenue Fonsny. La situation s’est fortement dégradée aux abords des infrastructures ferroviaires.

Nos services ont été à plusieurs reprises bombardés de projectiles, dont des bouteilles en verre, des pavés, des briques, des bâtons et des engins pyrotechniques
, a indiqué la police locale sur X, précisant avoir eu recours à des canons à eau et à des gaz lacrymogènes pour repousser les fauteurs de troubles. Des vélos partagés ont été incendiés, du mobilier urbain arraché et un véhicule de police endommagé.
Heureusement, personne n’a été blessé. La police est intervenue pour permettre aux chauffeurs et aux voyageurs d’évacuer les véhicules en toute sécurité
, a déclaré Guy Sablon, porte-parole de la société bruxelloise de transports publics, ajoutant qu’il est scandaleux qu’on s’en prenne à des gens qui font leur job et qui, en plus, effectuent un service public
. Au moins deux bus de la STIB de la ligne 48, qui relie Decroly à Anneessens, ont été vandalisés et leurs fenêtres brisées dans le quartier de la gare du Midi au niveau du bâtiment Smals, tandis que la police fait état de trois bus de la STIB pris pour cible au total, de même qu’un véhicule de De Lijn vandalisé.
Bilan des interpellations et saisies de matériel
La police bruxelloise a procédé à un premier bilan provisoire faisant état d’au moins 21 interpellations en marge de la manifestation. Trois personnes ont fait l’objet d’une arrestation administrative, tandis que 18 autres ont été arrêtées judiciairement. Ce dernier groupe comprend 13 mineurs d’âge et cinq majeurs.
Du matériel comprenant des cocktails Molotov, de l’essence, des engins pyrotechniques, un couteau, un marteau, des briquets et des gants a été saisi par les services de sécurité, un attirail qui aurait pu être utilisé pour commettre des actes de violence
selon la police.
Le front commun syndical face aux mesures budgétaires
Cette journée d’action nationale, menée par la FGTB et la CSC, vise à contester la politique socio-économique du gouvernement fédéral dirigé par le Premier ministre Bart De Wever. L’exécutif cherche à réaliser un effort budgétaire massif de 10 milliards d’euros d’ici la fin de la législature en 2029 pour réduire un déficit public dépassant 5 % du PIB, le déficit global de la Belgique atteignant 33 milliards d’euros — une somme qualifiée par M. De Wever de « col hors catégorie ».
Les organisations syndicales soulignent que les mesures inacceptables incluent toute atteinte à l’indexation automatique des salaires et une augmentation de la TVA. Les syndicats rejettent fermement plusieurs pistes d’économies envisagées par la coalition. Les représentants syndicaux rappellent qu’ils ont soumis un ensemble de propositions alternatives concrètes, à l’instar des sections locales ou régionales présentant des mesures de rechange pour épargner le pouvoir d’achat des travailleurs et des ménages.

Perturbations dans les transports et perspectives de grève
À Brussels Airport, environ 140 vols pris en charge par la société d’assistance au sol Alyzia ont été annulés, tandis que l’aéroport de Charleroi maintient ses vols malgré des ralentissements potentiels sur les accès routiers. Le mouvement social engendre de nombreuses perturbations dans les transports à travers le pays. Les réseaux de bus et de trams gérés par la STIB et TEC subissent des modifications de lignes, et la SNCB annonce un service de trains adapté qui sera mis en place du dimanche 11 octobre à 22h jusqu’au lundi 12 octobre au soir en raison d’une grève spécifique du secteur public et de la CGSP.