Une nouvelle installation artistique cinétique créée par l’artiste Gregor Harvie s’apprête à s’installer à Glasgow pour marquer le centenaire de l’équation de Schrödinger. Intitulée Superposition, l’exposition gratuite ouvrira ses portes le 20 octobre au Technology and Innovation Centre de l’Université de Strathclyde, réunissant art visuel et physique quantique.
Conçue par Gregor Harvie, un artiste originaire de Millport, l’exposition accueilli à Glasgow célèbre un siècle d’avancées en mécanique quantique et expose l’équation formulée par Erwin Schrödinger au public du foyer du Technology and Innovation Centre de l’Université de Strathclyde jusqu’au 29 octobre.
Gregor Harvie sculpte seize panneaux perforés en mouvement
L’œuvre repose sur un dispositif mécanique composé de 16 panneaux en aluminium répartis en huit paires identiques. Chaque surface est percée de centaines de trous minuscules et tourne à une vitesse de 400 tours par minute dès que les visiteurs s’approchent.
Ce mouvement rapide transforme des formes plates en structures tridimensionnelles changeantes qui semblent flotter et se propager à travers l’espace. Lorsque les moteurs s’arrêtent, le relief visuel s’efface pour laisser place à un simple motif statique. L’artiste explique sa démarche en cherchant à perturber les repères visuels du public face à des formes mouvantes.
Je voulais fabriquer quelque chose devant lequel on peut se tenir sans savoir véritablement ce que l’on regarde. Les œuvres sont composées de trous, donc d’une certaine manière, il n’y a rien. Mais lancées à une vitesse suffisante, elles se transforment en quelque chose de remarquable, que l’œil ne parvient pas tout à fait à saisir.
Chaque panneau possède une face colorée et une face blanche. En tournant, ces deux teintes fusionnent pour générer une illusion visuelle symétrique, rappelant le principe physique de la superposition quantique, où les états se mélangent jusqu’à l’observation.
L’alliance des paires métalliques avec le Quantum Theory Group
Pour concevoir cette structure, l’artiste a travaillé en étroite collaboration avec le Quantum Theory Group de l’Université de Glasgow. Du point de vue de la probabilité, la plupart des paires de panneaux affichent le même côté ou des côtés opposés de manière aléatoire, conformément aux lois du hasard.
Néanmoins, un détail mathématique et visuel vient perturber cette prévisibilité. Une paire particulière de panneaux affiche la même face à trois reprises sur quatre, simulant artistiquement le phénomène de l’intrication quantique, où deux entités demeurent connectées indépendamment de la distance.
L’accès à l’exposition demeure entièrement gratuit pour l’ensemble des visiteurs durant toute la durée de sa présentation au campus de l’Université de Strathclyde, bénéficiant du soutien de l’alliance Quantum ARC, du Scottish Funding Council, de l’Institute of Physics ainsi que de l’EPSRC Centre of Doctoral Training in Applied Quantum Technologies.
En marge de la présentation publique en semaine, un volet pédagogique a été mis en place pour initier les élèves du secondaire aux principes de la mécanique quantique à travers l’art visuel.
La physique quantique bouscule nos idées les plus fondamentales sur ce que signifie pour une entité d’avoir un état déterminé. Elle nous apprend que la réalité est bien plus étrange que tout ce que nous croisons dans notre vie quotidienne. Ce que je trouve passionnant dans le travail de Gregor, c’est qu’il permet à chacun de faire l’expérience de cette étrangeté et d’interroger ce qu’il a sous les yeux.