Publiée en juillet 2026 dans la revue Science Advances par Laura Russo, une étude révèle que de minuscules particules magnétiques se trouvent dans le corps de nombreuses espèces d’abeilles, y compris des insectes solitaires, remettant en question des décennies d’hypothèses sur l’origine de la magnétoréception.
Parue en juillet 2026 dans la revue Science Advances, l’étude menée par Laura Russo, chercheuse en écologie et biologie évolutive à l’université du Tennessee, démontre que la capacité de navigation magnétique concerne une diversité d’espèces bien plus large que prévu, englobant également des insectes solitaires.
Des signaux magnétiques observés chez les espèces grégaires et solitaires
Auparavant, les biologistes attribuaient cette aptitude exclusivement aux abeilles domestiques, des espèces sociales qui utilisent une danse codée intégrant des repères géomagnétiques pour communiquer la position des fleurs, tandis que la magnétoréception permet à certains animaux de détecter le champ magnétique terrestre pour s’orienter à l’aide de composés à base de fer, notamment la magnétite.
Pour tester l’hypothèse selon laquelle ce sens serait réservé aux colonies pour coordonner leurs déplacements, l’équipe de recherche a collecté des spécimens de la famille des Apidae.
Après séchage, les insectes ont été réduits en poudre et leur réponse magnétique a été mesurée à l’aide d’un magnétomètre, révélant des signaux magnétiques puissants chez les espèces grégaires comme chez les solitaires.
Les tendances évolutives mesurées dans l’arbre des abeilles
L’analyse des données montre que les abeilles de grande taille affichent une réponse magnétique plus intense, que les espèces sociales ont tendance à être plus magnétiques que les solitaires, et que les abeilles qui nichent dans des cavités présentent un magnétisme supérieur à celles nichant dans le sol.
Cependant, des abeilles nocturnes et des espèces solitaires, telles que les abeilles orchidées (Ophrys apifera
), affichent également une forte réponse magnétique, tout comme des insectes appartenant à d’autres ordres, tels que les coléoptères, les guêpes et les mouches.
En élargissant leurs recherches à l’ensemble de l’arbre évolutif des abeilles, les scientifiques ont constaté que le magnétisme apparaît dans toutes les familles testées, suggérant un caractère ancien et bien conservé au fil de l’évolution plutôt qu’une adaptation récente liée à la vie sociale.
Les questions ouvertes sur l’utilisation du magnétisme
Le signal magnétique ne se concentre dans aucune partie spécifique du corps chez les spécimens étudiés, ce qui fragilise l’hypothèse des cryptochromes, des protéines photosensibles situées dans les yeux souvent invoquées pour expliquer la magnétoréception chez les insectes.
Si l’on sait avec certitude que les abeilles domestiques peuvent être entraînées à distinguer des anomalies magnétiques locales, la prudence reste de mise pour les autres espèces, car détecter un signal magnétique sur des insectes morts ne prouve pas formellement qu’ils l’utilisent pour naviguer dans la nature.
La prochaine étape consistera à mener des tests comportementaux sur des abeilles vivantes dans des conditions contrôlées.