Home AffairesBTG Capital demande la mise sous séquestre de l’aérodrome de Stephenville

BTG Capital demande la mise sous séquestre de l’aérodrome de Stephenville

by Amélie Bernard

Publié le 17 janvier 2026 à 22h34. L’aéroport de Stephenville, en Terre-Neuve-et-Labrador, est au bord du gouffre financier. La société BTG Capital, détentrice de l’hypothèque, a déposé une demande de mise sous séquestre, mettant en péril l’avenir de l’établissement.

  • BTG Capital réclame près de 2,5 millions de dollars à Carl Dymond, propriétaire de l’aéroport.
  • La firme justifie sa demande par une mauvaise gestion et des problèmes de sécurité et d’entretien.
  • La Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador examinera mardi la nécessité de nommer un administrateur externe.

L’avenir de l’aéroport de Stephenville est plus incertain que jamais. BTG Capital, qui a pris le relais de l’hypothèque auprès de Matthew Poppel en 2025, a officiellement demandé à la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador de mettre l’aéroport sous séquestre. Cette décision fait suite à des mois de difficultés financières et opérationnelles, et soulève des questions sur la viabilité à long terme de l’établissement.

Selon les documents déposés devant le tribunal, BTG Capital estime que des mesures dans l’immédiat sont indispensables en raison d’une mauvaise gestion persistante. La firme souligne un manque chronique de capitaux qui compromet la préservation des actifs de l’aéroport. Les avocats de BTG Capital justifient leur requête par une série de problèmes préoccupants, notamment une interruption de l’alimentation électrique l’année dernière, des inquiétudes concernant l’état des infrastructures de stockage de carburant, l’absence de matériel de sécurité opérationnel et de personnel qualifié, et un statut actuel rétrogradé d’aérodrome enregistré.

Le montant total dû par Carl Dymond à BTG Capital s’élève à près de 2,5 millions de dollars (environ 1,85 million USD) au 12 janvier dernier. Une demande de remboursement, accompagnée d’une proposition d’exécution de garantie et d’un avis de vente, avait été adressée à cette date. Parallèlement, l’aéroport est confronté à d’autres difficultés financières, notamment une poursuite de 2,4 millions de dollars (environ 1,75 million USD) pour des factures impayées liées à l’éclairage de la piste, avec un procès prévu en mars.

L’histoire de l’aéroport de Stephenville est marquée par des promesses non tenues. Carl Dymond avait annoncé en 2021 son intention d’acquérir l’aéroport et d’y investir des millions de dollars, créant ainsi des milliers d’emplois et rétablissant un service aérien régulier. L’accord a finalement été conclu en 2023, mais aucun de ces engagements n’a été réalisé à ce jour. L’aéroport accumule les poursuites judiciaires, les problèmes opérationnels et les dettes, avec également une dette fiscale impayée de 820 000 $ (environ 595 000 USD) envers l’Agence du revenu du Canada, selon des documents déposés à la Cour fédérale.

Contacté par Radio-Canada, BTG Capital n’avait pas encore répondu à la demande d’entrevue au moment de la publication de cet article. Carl Dymond a quant à lui décliné toute déclaration, sur les conseils de son avocat, et a indiqué qu’il s’exprimerait une fois que la comparution sera fixée et qu’il aura déposé sa réponse à la requête.

D’après le reportage de Rob Antle et de Troy Turner, Radio-Canada.

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