Publié le 26 décembre 2023. Après le pari risqué de Tolo Tolo, Checco Zalone revient avec Buen Camino, un film plus intimiste qui s’adresse avant tout à son public de toujours, privilégiant la nostalgie et la légèreté.
- Le nouveau film de Checco Zalone, Buen Camino, marque un retour aux sources après l’ambition plus politique et formelle de Tolo Tolo.
- Avec une recette de plus de 20 millions d’euros (220 millions d’euros cumulés pour ses six films), Luca Medici, l’homme derrière le personnage de Zalone, se positionne face à James Cameron pour les fêtes de fin d’année.
- Le film explore la relation difficile entre un père riche et arrogant et sa fille en quête de sens, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Luca Medici, l’acteur et créateur derrière le personnage de Checco Zalone, se retrouve face à un défi de taille : maintenir sa position de roi du box-office italien, avec un cumul de 220 millions d’euros de recettes pour ses six films en 15 ans. Il devra composer avec la sortie simultanée du dernier James Cameron, mais dispose d’un atout : le filtre rassurant de son personnage comique, qui lui permet de désamorcer les critiques et de naviguer avec prudence dans le paysage médiatique.
Buen Camino représente un changement de cap notable après Tolo Tolo (2019). Ce dernier film avait marqué une rupture avec la formule habituelle de Zalone, en s’éloignant de son collaborateur de longue date, Gennaro Nunziante, pour explorer une thématique plus politique et sociale, avec l’apport du réalisateur Paolo Virzì. Tolo Tolo avait été perçu comme une tentative de maturation artistique, mais Buen Camino semble privilégier un retour à un cinéma plus familial et accessible.
Le film, dont le budget s’élève à plus de 20 millions d’euros, se déroule en Espagne, sur les chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Il met en scène un père riche et vaniteux, interprété par Zalone, et sa fille, en quête d’authenticité spirituelle. Comme Tolo Tolo, le film a été tourné en partie à l’étranger, témoignant d’une ambition de production importante pour une comédie italienne.
Dans Buen Camino, Zalone incarne un personnage nouveau : un fils d’industriel aisé, arrogant et déconnecté des réalités. Ce personnage, qui rappelle un Scrooge moderne, est cependant loin d’être antipathique. Le film semble accorder une indulgence excessive à ce personnage, en suggérant qu’il n’a besoin que d’une prise de conscience spirituelle pour se racheter.
Un scénario plus incisif aurait pu explorer les défauts de ce personnage de manière plus poussée, en lui donnant des motivations plus mesquines et en rendant son évolution plus crédible. Ce manque de mordant est compensé par la présence de Luca Medici, qui semble avoir anticipé les attentes du public et adapté son approche en conséquence. Buen Camino est un film calibré pour le moment, qui répond aux incertitudes et aux aspirations d’un public en quête de divertissement simple et réconfortant.
Le film contient quelques pointes d’humour, notamment sur les clichés concernant les homosexuels, les femmes et les artistes snobs. Les rares allusions politiques, concernant le conflit israélo-palestinien et les chambres à gaz, manquent d’audace et semblent destinées à satisfaire un public conservateur. Le film se présente donc davantage comme une comédie commerciale italienne classique que comme une œuvre véritablement originale.
Buen Camino est avant tout une déclaration d’amour au public fidèle de Zalone, celui qui avait pu se sentir délaissé par l’ambition de Tolo Tolo. C’est un film qui offre à ce public un divertissement rapide, facile et indolore, dans la lignée des comédies italiennes des années 1990 et 2000. Zalone semble avoir privilégié la prudence et la sécurité, en évitant de prendre des risques artistiques qui auraient pu déplaire à son public de toujours.
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