Publié le 10 novembre 2025 à 03h17. L’ancien président mexicain Felipe Calderón alerte sur une transformation du crime organisé en Amérique latine, qui dépasse désormais le simple trafic de drogue pour s’attaquer aux fondations mêmes de l’État.
- Felipe Calderón met en garde contre la prise de contrôle de l’État par les réseaux criminels.
- Le modèle criminel a évolué, passant du trafic de drogue à la domination territoriale et à l’extorsion.
- L’ancien président appelle à renforcer les institutions de sécurité et de justice pour contrer cette menace.
L’ancien président mexicain Felipe Calderón Hinojosa a exprimé sa vive inquiétude face à l’évolution du crime organisé en Amérique latine. Intervenant lors d’un forum d’affaires de l’ABECEB aux côtés des anciens présidents argentin Mauricio Macri et chilien Eduardo Frei, il a souligné que les groupes criminels ne se contentent plus de contrôler les routes et le trafic de stupéfiants. Ils cherchent désormais à s’emparer du pouvoir de l’État, en corrompant les forces de l’ordre, les élus locaux et les hauts fonctionnaires.
Selon Calderón, ce changement de modèle est particulièrement préoccupant. Il a expliqué que les organisations criminelles développent un nouveau marché illicite, axé sur le contrôle du territoire et l’extorsion.
« Les criminels doivent contrôler les points de vente et pour cela ils doivent contrôler le territoire… ils doivent placer leurs gens pour contrôler le point de vente et essayer de capturer l’État, qui contrôle traditionnellement le territoire. »
Felipe Calderón, ancien président du Mexique
L’ancien président a précisé que l’extorsion est au cœur de cette nouvelle stratégie. Une fois le contrôle de l’État acquis, les criminels se consacrent à percevoir des revenus illégaux auprès des citoyens. Ils s’implantent également dans des activités illégales telles que la prostitution, le trafic de drogue, l’immigration clandestine et le piratage, profitant de l’impossibilité pour les victimes de demander la protection de l’État.
Calderón a rappelé que, lors de son mandat (2006-2012), il avait lancé une offensive contre le crime organisé, avec un certain succès malgré, selon lui, le sabotage de certains gouvernements régionaux. Il a regretté que cette politique offensive ait été abandonnée par la suite, permettant aux groupes criminels de se renforcer.
Il a cité des exemples tragiques, comme ceux de Bernardo Bravo et Carlos Manzo, des leaders locaux assassinés après avoir demandé la protection de l’État, qui n’a pas répondu à leurs appels. Il a également mentionné le meurtre récent d’un maire, survenu samedi dernier.
L’ancien président a conclu en appelant à une reconstruction des institutions de sécurité et de justice, afin de leur permettre de faire face à ce nouveau fléau.
« La plus grande menace pour notre peuple est le racket. Nous devons reconstruire avec une véritable politique d’État, porter nos institutions de sécurité et de justice vers d’autres dimensions, afin qu’elles puissent faire face à ce fléau. »
Felipe Calderón, ancien président du Mexique
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