Le match qui clôturait le camp de perfectionnement du Canadien hier à Brossard a fait salle comble. Le stationnement était rempli à craquer. Tout ça un 3 juillet pour une rencontre à quatre contre quatre opposant des vertes recrues.
«C’est fort!» a lancé Francis Bouillon, qui veille au développement de la relève de l’organisation depuis huit ans.
À la fin des tirs de barrage, les amateurs ont applaudi chaleureusement les joueurs. Quelques minutes plus tard, avant de quitter la patinoire, les athlètes ont remercié les spectateurs de leur présence en les saluant avec leurs bâtons.
Ça fait partie des choses qu’ils apprennent à ce camp.
Trois jours, c’est assez
Cette année, la durée du camp a été réduite à trois jours.
«Quatre jours, c’était long, explique Bouillon.
«Il faut penser que ces joueurs sont très sollicités pendant la saison. En plus de jouer avec leurs équipes respectives, ils prennent part à des camps de sélection d’équipes nationales, ainsi qu’à des championnats du monde qui vont selon leur catégorie d’âge.
«On doit leur permettre de souffler un peu à un moment donné.»
En parallèle à leur journée sur glace, les nouveaux venus de l’organisation assistent à des séances d’information sur l’historique du Canadien, son code de conduite et sur les méthodes à suivre pour devenir un joueur professionnel.
Dans le temps…
L’intensité sera plus élevée au camp des recrues qui précédera celui du grand club en septembre. On verra probablement quelques combats de boxe, mais ce ne sera rien comparativement à ce qu’on voyait il y a 30 ou 40 ans. Durs comme moins durs se tapaient dessus royalement, et ça se transportait dans les matchs préparatoires contre les recrues d’autres organisations de la Ligue nationale.
Un soir à l’Université du Vermont, l’alma mater de Martin St-Louis, une rencontre entre les jeunots du Canadien et des Rangers a été suspendue en troisième période parce que les esprits ont surchauffé et qu’il commençait à manquer des joueurs.
C’était fou!
Quelque part à la fin des années 1980, les frères Mario et Serge Roberge se sont mis sur le cas de Steve Martinson, le policier de service du temps chez le Tricolore, pour lui chiper son poste.
Le pauvre Martinson en a vu de toutes les couleurs.
Quelques années plus tard, Mario faisait perdre la tête à Ron Hextall dans ce qui a été la dernière série entre le Canadien et les Nordiques. La troupe de Jacques Demers poursuivit son chemin jusqu’à la Coupe Stanley.
Le hockey a bien changé depuis. Les bagarres sont encore tolérées, mais les joueurs qui avaient pour principale responsabilité de jeter les gants ont disparu.
Lesquels sont sortis du lot?
Quand on demande à Bouillon quels joueurs ont retenu son attention cette semaine, il nomme L.J. Mooney, Michael Hage et Tyler Thorpe. Mooney a été repêché la semaine dernière, tandis que les deux autres proviennent de la séance de repêchage de l’an dernier.
Mooney est fait du même moule que Cole Caufield à 18 ans. Il fait 5 pi 7 po et pèse 162 lb, selon les mensurations fournies par la Ligue nationale. Il a marqué un beau but hier et s’est démarqué par ses feintes rapides.
Il déplace de l’air!
«Il m’a vraiment surpris! lance Bouillon.
«En jouant à quatre contre quatre, c’est sûr que ça l’aide à sortir du lot.»
Quant à lui, Hage possède déjà une grande qualité pour le marché de Montréal. Originaire de la région de Toronto, il s’exprime très bien en français. On ne le reverra pas en septembre puisqu’il est assujetti au règlement selon lequel un joueur de la NCAA ne peut prendre part à un camp d’entraînement professionnel.
Le troisième nom mentionné par Bouillon est celui de Tyler Thorpe, qui fait 6 pi 5 po et pèse 212 lb. Il frappe dur, le géant.
«Le grand Thorpe, s’il apprend bien son rôle, pourrait nous aider dans le futur, mentionne Bouillon.
«On lui a parlé à ce sujet ce matin [hier]. »»
On pourrait ajouter le nom d’Aatos Koivu, le fils de vous savez qui, qui a inscrit lui aussi un beau but.
Que du positif!
Il est trop tôt pour dire si tout ce beau monde se retrouvera avec le Tricolore un jour. Chose certaine, toutefois, il y a un bon moment que la relève de l’organisation n’a suscité autant d’attention et d’optimisme.
«Ça regarde super bien! s’exclame Bouillon.
«Kent Hughes et Jeff Gorton ne font que des choses positives. L’organisation commence à retrouver la santé, et ce sera pour longtemps.»
Les fans finis du CH le mériteraient bien.
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