Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Cancer colorectal : une étude explique l’agressivité chez les jeunes

Une étude publiée le 29 octobre 2026 dans la revue Nature Medicine révèle que les tumeurs colorectales chez les patients de moins de 50 ans présentent des compositions cellulaires…

Cancer colorectal : une étude explique l'agressivité chez les jeunes

Une étude publiée le 29 octobre 2026 dans la revue Nature Medicine révèle que les tumeurs colorectales chez les patients de moins de 50 ans présentent des compositions cellulaires distinctes, notamment une proportion accrue de cellules de soutien et des profils génétiques particuliers qui expliquent en partie la plus grande agressivité de la maladie.

Le cancer colorectal progresse chez les moins de 50 ans

Le cancer colorectal ne touche plus seulement les adultes plus âgés.

Aux États-Unis, les taux de diagnostic chez les personnes de moins de 50 ans ont progressé de 2,9 % par an entre 2013 et 2022, selon un rapport de l’American Cancer Society mis en avant par les chercheurs du Dana-Farber Cancer Institute. La maladie est désormais la principale cause de mortalité par cancer dans cette tranche d’âge.

Une vaste collaboration scientifique internationale a examiné les caractéristiques biologiques de la maladie.

L’étude a analysé 189 tumeurs colorectales prélevées sur des patients âgés de 29 ans à plus de 90 ans, tout en cartographiant l’activité génétique de plus de 850 000 cellules à l’aide de la technique de séquençage d’ARN à noyau unique. Cette approche détaillée a permis de scruter les différences subtiles liées à l’âge sans se limiter à une simple division binaire entre jeunes et vieux.

Cancer colorectal : une étude explique l'agressivité chez les jeunes
Photo : Il Sole 24 ORE

Des tumeurs plus riches en cellules stromales et résistantes

Dans le sous-type le plus courant de cancer colorectal, caractérisé par la stabilité des microsatellites, les tumeurs des patients jeunes affichent une proportion nettement plus élevée de cellules stromales et conjonctives par rapport aux cellules cancéreuses elles-mêmes, une configuration qui s’inverse généralement chez les patients plus âgés.

Ces cellules de soutien, parmi lesquelles figurent des fibroblastes, ne constituent pas des cellules malignes en soi.

Toutefois, elles jouent un rôle actif dans l’environnement tumoral. Ana Anderson, co-responsable senior de l’étude et membre du Gene Lay Institute de Brigham and Women’s Hospital à Boston, indique que ces structures agissent comme un bouclier protecteur.

Ana Anderson a déclaré : « Est-ce le même cancer du colon qui survient simplement chez des personnes plus jeunes, ou y a-t-il quelque chose de différent ? » selon Yahoo.

Ces cellules stromales peuvent supprimer la réponse immunitaire et former une barrière physique qui empêche les médicaments de chimiothérapie d’atteindre efficacement les cellules cancéreuses.

Cancer colorectal : une étude explique l'agressivité chez les jeunes
Photo : Yahoo Health

Si le lien direct avec une résistance accrue aux traitements est établi par analogie avec d’autres cancers solides comme celui du pancréas, les observations confirment que la maladie se comporte de manière fondamentalement différente chez les jeunes adultes.

L’activité des ARN non codants dits ténébreux

Au-delà du stroma, les chercheurs ont mis au jour une autre particularité biologique propre aux tumeurs des jeunes patients : une activité accrue des ARN longs non codants.

Ces molécules régulent l’expression des gènes sans produire de protéines et jouent un rôle central dans la signalisation cellulaire liée au cancer. Une partie de ces molécules appartient à des régions encore mal explorées du transcriptome, qualifiées d’ARN ténébreux en raison de leurs fonctions largement méconnues. Ramnik Xavier, professeur à la Harvard Medical School et gastro-entérologue à Mass General Brigham, salue l’apport de ces travaux menés conjointement avec le Broad Institute et le Dana-Farber.

Ramnik Xavier a indiqué : « Notre étude constitue une avancée par rapport aux travaux précédents en ce sens que nous avons analysé des tumeurs provenant d’un grand nombre de patients et utilisé des approches sur cellule unique pour découvrir de nouvelles caractéristiques propres aux tumeurs des jeunes patients. »

Cancer colorectal : une étude explique l'agressivité chez les jeunes
Photo : Yahoo

Cette cartographie à haute résolution offre aux équipes de recherche du monde entier de nouvelles pistes d’investigation pour concevoir des thérapies spécifiquement adaptées à cette forme précoce de la maladie.

Des pistes pour le diagnostic précoce

Kimmie Ng, directrice du Young-Onset Colorectal Cancer Center au Dana-Farber Cancer Institute, insiste sur l’impact humain de ces découvertes dans la prise en charge clinique quotidienne.

Kimmie Ng a expliqué : « Au Young-Onset Colorectal Cancer Center, nous constatons à quel point cette maladie peut affecter profondément les jeunes patients et leurs familles, souvent pendant les années les plus intenses et les plus formatrices de la vie. »

En attendant que ces avancées biologiques se traduisent par de nouveaux traitements ciblés, l’âge recommandé pour le dépistage standard a été abaissé de 50 à 45 ans.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.