Home SantéCe petit peptide pourrait aider à stopper les lésions cérébrales après une blessure

Ce petit peptide pourrait aider à stopper les lésions cérébrales après une blessure

by Sophie Martin

Publié le 24 septembre 2024 à 14h30. Des chercheurs ont identifié un peptide prometteur, le CAQK, capable de réduire significativement les dommages cérébraux après un traumatisme crânien, ouvrant la voie à de potentiels traitements innovants pour cette pathologie complexe.

  • Un peptide de quatre acides aminés, le CAQK, s’est révélé efficace pour limiter l’inflammation et la mort cellulaire dans des modèles animaux de lésions cérébrales traumatiques.
  • Ce composé agit en se concentrant dans les zones endommagées du cerveau, attirée par des protéines spécifiques libérées après le traumatisme.
  • La société Aivocode, à l’origine de cette découverte, prévoit de demander l’autorisation de lancer des essais cliniques de phase I chez l’homme.

Une équipe internationale de chercheurs, menée par la société Aivocode en collaboration avec des scientifiques de l’Institut de chimie avancée de Catalogne (IQAC) du Conseil national espagnol de la recherche (CSIC), a mis en évidence les propriétés protectrices d’un petit peptide, le CAQK, dans des modèles murins de lésions cérébrales traumatiques (TCC). Les résultats, publiés dans la revue EMBO Molecular Medicine, suggèrent une nouvelle approche thérapeutique pour atténuer les séquelles de ces blessures souvent invalidantes.

Les tests, réalisés sur des souris et des porcs, ont démontré que l’administration intraveineuse du CAQK peu après la blessure permettait de réduire l’inflammation, la mort cellulaire et les dommages aux tissus cérébraux. Le peptide est naturellement attiré vers les zones lésées, car il se lie à des glycoprotéines qui deviennent plus abondantes après un traumatisme. Cette concentration ciblée permet d’optimiser son action thérapeutique. Chez la souris, le traitement a également favorisé une récupération fonctionnelle plus rapide, sans effets secondaires notables.

Aivocode, une spin-off du Sanford Burnham Prebys Institute, a été fondée par Aman P. Mann, Sazid Hussain et Erkki Ruoslahti, les principaux auteurs de l’étude. La société a annoncé son intention de soumettre une demande à la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour obtenir l’autorisation de débuter des essais cliniques de phase I chez l’homme. Bien qu’aucun calendrier précis n’ait été communiqué, la petite taille du CAQK – un peptide court – constitue un avantage majeur, facilitant sa production à grande échelle et sa pénétration dans les tissus.

Les lésions cérébrales traumatiques, généralement causées par un choc à la tête suite à des accidents de la route, des chutes ou des accidents du travail, touchent environ 200 personnes pour 100 000 habitants chaque année. Les traitements actuels se concentrent principalement sur la stabilisation du patient, en abaissant la pression intracrânienne et en maintenant le flux sanguin. Cependant, aucun médicament approuvé ne permet d’arrêter directement les lésions cérébrales ou la cascade inflammatoire qui en découle.

« Les interventions actuelles pour traiter les lésions cérébrales aiguës visent à stabiliser le patient en réduisant la pression intracrânienne et en maintenant le flux sanguin, mais il n’existe aucun médicament approuvé pour stopper les dommages et les effets secondaires de ces blessures. »

Dr Pablo Scodeller, chercheur à l’IQAC-CSIC et co-auteur de l’étude

Le développement d’un traitement non invasif pour les TCC représente un défi majeur en neurologie. Cette recherche s’appuie sur des travaux antérieurs menés en 2016 et publiés dans Nature Communications, qui avaient déjà identifié le peptide CAQK comme un vecteur potentiel pour délivrer des médicaments directement dans les zones lésées du cerveau. La nouvelle étude révèle que le CAQK lui-même possède des propriétés thérapeutiques intrinsèques.

Les chercheurs ont confirmé que le CAQK s’accumule dans les tissus cérébraux endommagés chez la souris et le porc, en se liant aux glycoprotéines présentes dans la matrice extracellulaire, une structure de soutien entourant les cellules cérébrales. Les résultats obtenus sur les souris ont montré une réduction de la taille des lésions, une diminution de la mort cellulaire et une atténuation de l’inflammation. Les tests comportementaux et de mémoire ont également révélé une amélioration des déficits fonctionnels, sans toxicité apparente.

« Ce qui est passionnant, c’est qu’en plus de s’avérer très efficace, il s’agit d’un composé très simple : un peptide court facile à synthétiser en toute sécurité à grande échelle. Les peptides présentant ces caractéristiques présentent une bonne pénétration dans les tissus et ne sont pas immunogènes », conclut le Dr Scodeller.

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