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Ce que le retrait des visas H-1B signifierait pour l’enseignement supérieur de Floride

Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a lancé une offensive contre l'emploi de travailleurs étrangers hautement qualifiés dans les universités et collèges d'État, suscitant des inquiétudes quant à l'avenir de la recherche et de l'enseignement supérieur dans l'État.…

Ce que le retrait des visas H-1B signifierait pour l’enseignement supérieur de Floride

Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a lancé une offensive contre l’emploi de travailleurs étrangers hautement qualifiés dans les universités et collèges d’État, suscitant des inquiétudes quant à l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur dans l’État. L’initiative vise à limiter l’utilisation des visas H-1B, un programme fédéral permettant aux entreprises d’embaucher des spécialistes étrangers lorsque les compétences nécessaires sont rares sur le marché américain.

À retenir

  • Le gouverneur DeSantis souhaite que les universités floridiennes privilégient les visas O-1, réservés aux personnes aux compétences exceptionnelles, plutôt que les visas H-1B, considérés comme trop généraux.
  • Environ 1 900 employeurs en Floride utilisent actuellement le programme de visas H-1B, dont 78 établissements d’enseignement supérieur qui parrainent 677 titulaires de ces visas.
  • Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration DeSantis visant à remodeler l’enseignement supérieur en Floride, notamment en matière de programmes d’études et de critères d’embauche des professeurs.

Contexte

Lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 25 octobre 2023 sur le campus de l’Université de Floride du Sud à Tampa, DeSantis a accusé certaines entreprises et établissements d’enseignement supérieur d’exploiter le programme H-1B pour embaucher des travailleurs étrangers à moindre coût, au détriment des Américains qualifiés. Cette critique fait écho aux préoccupations exprimées par l’administration Trump, qui avait déjà renforcé les réglementations concernant les visas H-1B en augmentant considérablement les frais de dossier, passant de 2 000 à 5 000 $ (environ 1 860 à 4 650 €) à 100 000 $ (environ 93 000 €). Les universités et collèges bénéficiaient jusqu’à présent d’une exemption du plafond annuel de 85 000 demandes de visa imposé aux entreprises privées.

Le programme H-1B est destiné aux travailleurs possédant au minimum une licence universitaire. Il permet aux employeurs de pourvoir des postes spécialisés dans des domaines où il est difficile de trouver des candidats américains.

Ce qui change

L’administration DeSantis souhaite désormais que les établissements d’enseignement supérieur se tournent davantage vers les visas O-1, qui sont réservés aux personnes possédant des capacités extraordinaires dans leur domaine. Selon Andrew Atterbury, journaliste éducatif de Politico en Floride, cette préférence reflète une volonté de recruter des talents de très haut niveau plutôt que des spécialistes dans des professions plus courantes, comme le marketing ou la conception graphique.

La manière dont cette nouvelle politique sera mise en œuvre reste floue. Le gouverneur a simplement appelé le Conseil des gouverneurs de Floride (BOG) à « débrancher la prise », laissant entendre qu’il souhaite mettre fin à l’utilisation des visas H-1B. Il n’est pas encore clair si le BOG aura le pouvoir de réglementer directement l’utilisation de ces visas ou s’il devra attendre des directives législatives.

Les universités floridiennes, notamment l’Université de Floride, l’Université de Miami et l’USF, sont les principaux sponsors de visas H-1B dans l’État. Si ces visas étaient supprimés, cela pourrait entraîner la perte de centaines d’emplois et perturber le fonctionnement de certains départements universitaires.

Prochaines étapes

Il faudra surveiller de près les prochaines décisions du Conseil des gouverneurs de Floride. L’administration DeSantis a déjà démontré sa volonté de contrôler de près l’enseignement supérieur dans l’État, en interdisant les dépenses consacrées à la diversité, à l’équité et à l’inclusion, et en modifiant les critères d’évaluation des professeurs. L’évolution de la situation en Floride pourrait également influencer d’autres États, comme la Géorgie, le Texas et l’Utah, qui ont adopté des positions similaires sur certaines questions liées à l’éducation.

Chiffres clés

Indicateur Valeur
Nombre d’employeurs en Floride parrainant des visas H-1B 1 900
Nombre d’établissements d’enseignement supérieur parrainant des visas H-1B 78
Nombre total de titulaires de visa H-1B parrainés par les établissements d’enseignement supérieur en Floride 677
Frais de dossier pour un visa H-1B (après la réforme Trump) 100 000 $ (environ 93 000 €)

Sources

Cette information est basée sur des entretiens menés par Matthew Peddie pour « Florida Matters Live & Local ».

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.