Crans-Montana est en deuil après un incendie dévastateur qui a coûté la vie à 40 jeunes gens dans la nuit du Nouvel An. L’incendie, qui s’est déclaré dans le bar « Le Constellation », a également fait plus de 110 blessés, dont plusieurs se trouvent dans un état critique.
L’enquête se concentre désormais sur le couple de gérants, Jessica et Jacques M., et sur les circonstances qui ont conduit à ce drame. Jacques M. a reconnu avoir défoncé une porte de service verrouillée de l’intérieur après le début de l’incendie, expliquant qu’elle n’était pas signalée comme issue de secours. Plusieurs victimes se trouvaient devant cette porte au moment du sinistre.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le feu aurait été déclenché par des fontaines pyrotechniques fixées sur des bouteilles, qui se sont approchées trop près d’une mousse insonorisante hautement inflammable installée au plafond. Le couple n’avait pas installé de système d’extinction automatique et les employés n’avaient reçu aucune formation spécifique en matière de sécurité incendie.
Jacques M. est actuellement en garde à vue, les autorités craignant un risque de fuite en raison de ses antécédents judiciaires et de sa situation personnelle en Suisse et à l’étranger. Sa femme n’est pas détenue à ce stade, mais le couple avait promis une coopération totale avec les enquêteurs.
En 2008, Jacques M. avait été condamné en France à douze mois de prison, dont huit avec sursis, pour incitation à la prostitution dans un salon de massage à Genève. Cette condamnation était également assortie d’une interdiction d’exercer une activité commerciale en France. Il a également été condamné en Corse pour fraude à l’aide sociale.
Des questions se posent quant à la manière dont le couple a pu acquérir un patrimoine immobilier important dans la région de Crans-Montana et de Lens, comprenant plusieurs maisons et restaurants, sans recourir à des emprunts hypothécaires. Le montant total de ces biens s’élève à plusieurs millions de francs suisses.
L’affaire soulève des interrogations sur les contrôles effectués par les autorités locales avant d’autoriser Jacques M. à diriger un établissement de restauration. Beat Imhof, président de Gastro Suisse, s’est déclaré surpris qu’un tel permis ait pu être accordé à une personne ayant des antécédents judiciaires. « Nous devons examiner si la Suisse dispose de réglementations suffisantes pour empêcher de telles situations », a-t-il déclaré.
Selon l’avocat Romain Jordan, représentant plus de 20 familles de victimes, « Nous espérons que les proches recevront des réponses sur les raisons pour lesquelles ce drame a pu se produire, alors qu’il n’aurait jamais dû se produire en Suisse ». Le couple a déclaré lors de son interrogatoire : « Mes pensées vont constamment aux victimes et aux personnes qui luttent encore aujourd’hui pour leur survie. » et a présenté ses excuses pour la « tragédie inimaginable » survenue dans son établissement.
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