Un plan de paix potentiellement radical, élaboré aux États-Unis et impliquant des concessions territoriales majeures de l’Ukraine, a été révélé. Cette proposition, qui semble répondre à de nombreuses exigences de Moscou, soulève des questions sur les perspectives d’une fin rapide au conflit.
Selon une source proche du dossier, ce plan inviterait l’Ukraine à céder le contrôle de territoires actuellement occupés par la Russie, notamment la Crimée et d’autres régions annexées en 2022 – Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson – même si Moscou n’en contrôle pas intégralement ces derniers. L’armée russe occupe actuellement environ un cinquième du territoire ukrainien.
À ce stade, les engagements réciproques attendus de la Russie restent flous. La source interrogée par l’AFP a précisé qu’il n’était « pas clair » quels engagements Moscou serait prêt à prendre en retour.
Le plan prévoit également une réduction drastique des forces armées ukrainiennes, les ramenant à 400 000 hommes, soit plus de la moitié de leur effectif actuel. Kyiv devrait également renoncer à l’utilisation d’armes à longue portée.
Ces exigences rappellent celles formulées par la Russie lors des négociations à Istanbul plus tôt cette année, où Moscou avait demandé une réduction des troupes ukrainiennes, l’interdiction de la mobilisation et l’arrêt des livraisons d’armes occidentales. La Russie a également réaffirmé à plusieurs reprises son opposition à la présence de troupes de l’OTAN sur le sol ukrainien.
L’Ukraine, qui a toujours affirmé ne pas reconnaître le contrôle russe sur son territoire, a laissé entendre qu’une résolution diplomatique pourrait être envisagée. Cependant, céder des territoires dans les régions de Donetsk et de Louhansk pourrait la rendre vulnérable à de futures agressions. Comme l’a récemment déclaré Volodymyr Zelensky, il s’agit d’une « question de survie » pour le pays.
Selon les informations du média américain Axios, ce plan aurait été élaboré par l’administration Trump en consultation secrète avec la Russie. La source de l’AFP a souligné que l’origine exacte de la proposition – si elle émane de Donald Trump lui-même ou de son entourage – reste incertaine. La position de l’ancien président américain sur la guerre en Ukraine a connu une évolution significative depuis son retour sur la scène politique.
Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été émise par Kyiv. Le Kremlin s’est refusé à tout commentaire sur ces informations. Kallas, ministre des Affaires étrangères de l’Estonie, a souligné la nécessité d’une adhésion ukrainienne et européenne à tout plan de paix, rappelant qu’il y a un agresseur et une victime dans ce conflit et qu’aucune concession de la part de la Russie n’a été signalée à ce jour.
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