Home MondeCe que Poutine gagnerait si la ville forteresse ukrainienne de Pokrovsk tombait – DiePresse.com

Ce que Poutine gagnerait si la ville forteresse ukrainienne de Pokrovsk tombait – DiePresse.com

by Clara Dubois

Publié le 4 novembre 2025 à 17h48. Les forces russes semblent sur le point de prendre le contrôle de Pokrovsk, une ville stratégique dans la région de Donetsk, malgré une résistance ukrainienne acharnée et une contre-offensive locale. Cette prise constituerait un gain de propagande significatif pour le Kremlin, mais ne marque pas encore l’atteinte des objectifs initiaux de Vladimir Poutine dans le Donbass.

  • La ville de Pokrovsk, assiégée depuis plus d’un an, est désormais considérée comme sur le point de tomber aux mains des forces russes.
  • L’armée ukrainienne tente de ralentir l’avancée russe et a mené une opération audacieuse pour empêcher l’encerclement de la ville.
  • La prise de Pokrovsk ouvrirait la voie à une progression russe vers d’autres villes clés de la région de Donetsk, potentiellement utilisées comme levier lors de futures négociations de paix.

Hisser le drapeau russe sur les ruines des villes ukrainiennes est devenu un symbole tragique de ce conflit. Les affirmations russes de « libération » sont démenties par la réalité sur le terrain : des villes dévastées, des populations traumatisées et des cimetières improvisés témoignent du passage de la guerre. Bakhmut, Avdiivka, Kurakhove, et Chasiv Yar sont autant d’exemples de cette destruction systématique.

À Pokrovsk, les combats se poursuivent, rendant difficile l’évaluation précise de la situation. Le ministère russe de la Défense affirme avoir pris le contrôle de 35 bâtiments dans l’ancienne capitale du district de l’est de l’Ukraine, connue sous le nom de Krasnoarmeïsk en Russie. Cependant, des affrontements sont encore signalés dans plusieurs quartiers, et les forces ukrainiennes continuent de résister. Le président Zelensky a confirmé la présence de 300 soldats russes dans la ville.

Le service de renseignement militaire ukrainien (HUR) a mené une opération audacieuse dans le nord de Pokrovsk, déployant des troupes par hélicoptère pour tenter de contenir l’avancée russe et empêcher un encerclement complet. Les sources ukrainiennes affirment que cette opération a été un succès, tandis que les sources russes la qualifient d’échec. L’HUR est connu pour ses missions risquées, et une évaluation définitive de cette opération nécessitera du temps.

Selon le chef de l’armée ukrainienne, Alexandre Syrski, la Russie concentre également ses forces à l’est de Dobropillya, dans le but possible de forcer le retrait des troupes ukrainiennes de Pokrovsk. Récemment, les forces ukrainiennes ont réussi une contre-offensive localisée près de Dobropillja.

Pokrovsk, qui comptait 60 000 habitants avant la guerre, avait accueilli des personnes déplacées du Donbass et une université exilée de Donetsk après le début du conflit en 2014. La majeure partie de la population a été évacuée il y a plus d’un an, avec le début de l’invasion à grande échelle en 2022.

La ville avait initialement servi de centre logistique et de transport crucial pour l’armée ukrainienne, en raison de sa position stratégique dans la région de Donetsk. Cependant, avec l’intensification des combats et la perte de territoires au sud, Pokrovsk a perdu de son importance en tant que plaque tournante sécurisée. La ville de Pavlohrad, dans la région de Dnipropetrovsk, est désormais le nouveau centre logistique pour les unités ukrainiennes opérant plus à l’est. La Russie cible spécifiquement ces points de ravitaillement.

Pour le Kremlin, la prise de Pokrovsk avant la fin de l’année représenterait un succès de propagande majeur, dont Vladimir Poutine a un besoin urgent. Considérée comme une « forteresse ukrainienne », la capture de Pokrovsk serait comparable en importance à celle d’Avdiivka ou de Bakhmut. Sur le plan stratégique, elle ouvrirait la voie à une avancée russe vers l’ouest et le nord, et les villes fortifiées de cette région pourraient devenir une priorité dans les plans militaires de Poutine.

Ces villes, Kostiantynivka, Druzhkivka, Kramatorsk et Slovyansk, font partie des territoires que la Russie revendique officiellement comme faisant partie de la région de Donetsk. Leur contrôle par Moscou pourrait exercer une pression supplémentaire sur l’Ukraine lors de futures négociations de paix.

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