Publié le 16 novembre 2025 à 03h30. La comète interstellaire 3I/ATLAS, seulement le troisième objet de ce type jamais détecté, est actuellement au centre de l’attention des astronomes du monde entier, qui profitent de son passage rapproché pour affiner leurs techniques d’observation et de défense planétaire.
- La comète 3I/ATLAS, découverte le 1er juillet, atteindra son point le plus proche de la Terre le 19 décembre, à environ 270 millions de kilomètres.
- L’Agence spatiale européenne (ESA) a utilisé les données de son orbiteur martien, le Trace Gas Orbiter (TGO), pour améliorer la prédiction de la trajectoire de la comète.
- Bien qu’elle ne représente aucune menace pour la Terre, l’observation de 3I/ATLAS sert de test précieux pour les systèmes de défense planétaire.
La comète 3I/ATLAS, surnommée « quasi-interstellaire », suscite un vif intérêt dans la communauté scientifique depuis sa découverte. Sa trajectoire, initialement prédite grâce aux télescopes terrestres, a pu être affinée grâce à une approche innovante : l’utilisation des données collectées par le TGO de l’ESA, en orbite autour de Mars. La comète s’est approchée de la planète rouge à environ 29 millions de kilomètres, offrant une opportunité unique d’observation.
La vitesse impressionnante de 3I/ATLAS, atteignant jusqu’à 250 000 km/h, signifie qu’elle traversera notre système solaire et disparaîtra à jamais dans l’espace interstellaire. C’est pourquoi la précision des instruments d’observation est cruciale pour étudier cet objet céleste rare.
L’utilisation des données de l’orbiteur martien a représenté un défi technique. L’instrument CaSSIS, conçu pour observer la surface martienne en haute résolution, a été orienté vers le ciel pour capturer l’image de la comète 3I/ATLAS sur fond d’étoiles.
Au-delà de l’intérêt scientifique, l’observation de 3I/ATLAS est considérée comme un exercice précieux pour la défense planétaire. L’ESA surveille en permanence les astéroïdes et les comètes géocroiseurs, calculant leurs orbites pour anticiper d’éventuelles menaces. Cet épisode confirme l’intérêt de combiner les données des observations terrestres avec celles provenant de l’espace, un vaisseau spatial pouvant se trouver plus proche de l’objet étudié et fournir des informations plus précises.
Actuellement, la comète est également observée par la sonde Juice, explorateur des lunes glacées de Jupiter. Bien que plus éloignée que les orbiteurs martiens, Juice observe 3I/ATLAS juste après son périhélie – son point d’approche maximale du Soleil – où elle est particulièrement active. Les premières données de la mission Juice ne seront disponibles qu’en février 2026.
L’ESA prépare également la mission Néomir, destinée à détecter les astéroïdes et les comètes provenant de la direction du Soleil, une zone actuellement difficile à observer en raison de l’éblouissement solaire. Neomir se positionnera entre le Soleil et la Terre pour détecter ces objets au moins trois semaines avant un éventuel impact.
Les comètes glacées comme 3I/ATLAS offrent un aperçu rare de la galaxie dont nous faisons partie. L’ESA envisage également la mission Intercepteur de comètes, qui permettra d’étudier plus en détail ces objets, et potentiellement même une comète interstellaire.
Le 19 décembre, 3I/ATLAS atteindra son point le plus proche de la Terre, à 270 millions de kilomètres. Bien qu’elle ne constitue aucune menace, cette approche offrira une occasion unique d’étude pour les astronomes du monde entier.
