Londres rend hommage à Cecil Beaton, le photographe de mode et de stars qui a révolutionné le portrait au XXe siècle. Une exposition exceptionnelle à la National Portrait Gallery, visible jusqu’au 11 janvier 2026, retrace l’œuvre d’un artiste complet, aussi à l’aise devant que derrière l’objectif.
L’exposition, organisée par Robin Muir, rassemble plus de 250 pièces – photographies, croquis, vidéos, couvertures de magazines, illustrations – témoignant de l’influence considérable de Beaton. Il a immortalisé les icônes de son époque : Marilyn Monroe, Audrey Hepburn, Coco Chanel, Fred et Adele Astaire, et la famille royale britannique, dont il a su capturer l’élégance avec une touche parfois ironique.
Beaton a redéfini l’esthétique de la mode et du portrait grâce à une mise en scène soignée et théâtrale. En 1968, la National Portrait Gallery lui consacrait déjà une rétrospective, une première pour un photographe vivant. Cette nouvelle exposition, 56 ans plus tard, souligne sa contribution majeure à l’évolution de la photographie de mode.
L’artiste était un véritable touche-à-tout, passionné par les arts du spectacle. Il aimait se mettre en scène, et fut même le photographe le plus photographié de son temps. Il utilisait son premier appareil photo, un Kodak Folding A3, pour réaliser les clichés de sa première exposition en 1927. « J’ai essayé de rendre mon travail fantastique, extravagant et amusant. Je conçois moi-même les arrière-plans et les vêtements, et je dirige personnellement les poses de mes sujets, c’est ce qui élève la photographie au-delà de l’ordinaire », expliquait-il.
Cependant, Beaton se considérait avant tout comme un décorateur de théâtre et un costumier. Il a connu un succès retentissant dans ce domaine, notamment grâce à l’adaptation de Pygmalion, d’abord sur scène avec Julie Andrews et Rex Harrison, puis au cinéma avec Audrey Hepburn, pour laquelle il a remporté un Oscar. Ses décors et costumes pour Gigi, autre chef-d’œuvre de Vincente Minnelli avec Leslie Caron, sont également restés célèbres.
L’exposition explore également la vie privée de Beaton, et son attachement à Ashcombe House, la maison où il fut hébergé et qui devint un lieu d’expérimentation privilégié. Il y a immortalisé ses amis, comme Truman Capote et Lucian Freud, ainsi que sa famille, créant une sorte d’alphabet visuel qu’il transposa ensuite sur les couvertures et illustrations de Vogue.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Beaton a mis son talent au service de la propagande, réalisant des portraits qui sont devenus des images emblématiques de l’époque. Parmi elles, la photographie d’Eileen Dunne, une fillette de trois ans blessée par un éclat d’obus, et les images des ruines de Londres, utilisées pour une séance photo de mode dans les décombres, symbole d’un esprit de résistance et de renaissance.
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