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Ces véhicules feraient face à des augmentations de plus de 3 000 $

by Nicolas Lefèvre

Publié le 7 janvier 2026 à 17h15. Le gouvernement colombien va progressivement aligner le prix du diesel pour les véhicules particuliers, officiels et diplomatiques sur les tarifs internationaux, une mesure destinée à alléger la pression sur les finances publiques et à prioriser les dépenses sociales.

  • Un mécanisme de prix différentiel pour le diesel (ACPM) sera mis en place, débutant dans les grandes villes.
  • Seuls les véhicules à usage privé, officiel et diplomatique seront concernés par cette augmentation progressive.
  • Le gouvernement espère ainsi réduire le déficit du Fonds de stabilisation des prix des carburants (FEPC).

Le gouvernement national a officialisé, par le biais du Décret 1428 de 2025, la mise en place d’un système de prix différencié pour le carburant diesel (ACPM) en Colombie. Cette réforme, qui se déploiera graduellement, débutera dans les principales agglomérations urbaines du pays. L’objectif est de faire payer aux propriétaires de véhicules à usage privé, officiel et diplomatique un prix plus en phase avec les fluctuations du marché international.

Selon le ministère de l’Énergie, cette décision s’inscrit dans une démarche de rationalisation des dépenses publiques. L’État juge les subventions actuelles inefficaces et souhaite libérer des ressources pour financer des programmes sociaux et des investissements dans les infrastructures.

Le ministère a confirmé à El Colombiano que la mise en œuvre s’étalera sur une période maximale de six mois, avec un alignement progressif des prix sur le niveau international.

La Confédération des distributeurs au détail de carburants et d’énergie (Comce) a indiqué que les prix dans les stations-service n’ont pas encore été modifiés, dans l’attente de précisions du ministère de l’Énergie concernant l’ampleur de l’augmentation progressive. Cependant, le syndicat anticipe une hausse supérieure à 3 000 pesos colombiens le gallon (environ 0,75 USD) pour atteindre la parité avec les prix internationaux.

Suppression des subventions pour les véhicules particuliers

Le décret prévoit une suppression ciblée des subventions accordées au diesel. Les véhicules privés, officiels et diplomatiques ne bénéficieront plus de l’avantage qui compensait, pendant des années, la différence entre le prix international et le prix local de l’ACPM.

Le gouvernement estime que le maintien de cette subvention pour les voitures particulières engendre des inefficacités et détourne des fonds qui pourraient être alloués à d’autres priorités. Il considère que les utilisateurs de ces véhicules ont une plus grande capacité financière pour absorber le coût réel du carburant sans que cela n’affecte leur niveau de vie.

Le texte exclut explicitement les transports publics et de marchandises. Les autobus, camions et autres véhicules affectés au transport de passagers et de biens ne seront pas concernés par l’ajustement du prix de l’ACPM. L’intention est d’éviter une répercussion de l’augmentation du diesel sur le coût de l’alimentation, des transports en commun et, plus généralement, sur le pouvoir d’achat des ménages. Le gouvernement cherche ainsi à maîtriser les pressions inflationnistes liées à la hausse des prix du carburant.

Application progressive dans les principales villes

La mise en œuvre du nouveau dispositif ne sera pas immédiate ni uniforme sur l’ensemble du territoire national. Le décret prévoit un déploiement initial dans les principales villes et zones métropolitaines du pays, telles que Bogotá, Medellín, Cali et Barranquilla.

Selon les autorités, ces zones disposent d’une plus grande capacité technologique et opérationnelle pour contrôler, surveiller et différencier la consommation de carburant en fonction du type de véhicule, avant une éventuelle extension à d’autres régions.

David Jiménez, président de la Comce, a souligné que le syndicat avait plaidé pour une application nationale du décret, afin d’éviter des distorsions régionales.

« Si l’application était laissée à l’appréciation des municipalités, des écarts de prix se créeraient, incitant les consommateurs à se rendre dans les stations-service où le carburant serait moins cher. »

David Jiménez, président de la Comce

M. Jiménez a également souligné que l’adaptation du prix du diesel pourrait affecter la rentabilité des stations-service, car la marge commerciale dont elles disposent est réglementée et ne reflète pas l’augmentation des coûts réels. Les stations ne fixent pas le prix final du carburant, mais commercialisent un produit fini selon une marge définie par le gouvernement.

Il a précisé que l’un des principaux problèmes du système actuel est que la marge ne tient pas compte de variables clés, telles que le coût des stocks.

« Lorsque le prix du carburant augmente, la valeur des stocks conservés dans les réservoirs souterrains augmente également, ce qui accroît le besoin en fonds de roulement et le coût financier de l’opération. »

David Jiménez, président de la Comce

Selon M. Jiménez, environ 60 % du coût d’exploitation par gallon d’une station-service est lié à la main-d’œuvre. L’augmentation du salaire minimum de 23,7 % aura donc un impact direct sur les finances du secteur, se traduisant potentiellement par un coût supplémentaire d’environ 100 pesos colombiens par gallon.

Impact fiscal et allègement pour la FEPC

Le contexte fiscal est un élément central du Décret 1428 de 2025. En supprimant la subvention pour certains véhicules, le gouvernement espère réduire le déficit du Fonds de stabilisation des prix des carburants (FEPC), qui a longtemps assumé le coût du maintien des prix intérieurs à un niveau bas face aux fluctuations internationales. L’ajustement vise à renforcer la soutenabilité des finances publiques et à réduire le « déficit financier » accumulé par ce mécanisme.

Six mois pour définir la méthodologie

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