Home DivertissementC’est pourquoi le film culte de Munich arrive à point nommé

C’est pourquoi le film culte de Munich arrive à point nommé

by Antoine Girard

Publié le 2 novembre 2025 à 19h36. Le retour du lutin le plus espiègle d’Allemagne, Pumuckl, sur grand écran offre un répit bienvenu dans un contexte mondial incertain, rappelant l’importance du divertissement et de la nostalgie pour le bien-être émotionnel.

  • Le film « Pumuckl et le grand malentendu » rencontre un succès initial prometteur, attirant aussi bien les enfants que les adultes.
  • Des experts en psychologie des médias soulignent le rôle du divertissement comme moyen de gérer l’incertitude et de rechercher un sentiment de stabilité.
  • La nostalgie associée à Pumuckl, figure emblématique de l’enfance pour de nombreux Allemands, contribue à son attrait actuel.

Créé il y a environ 60 ans par l’auteur Ellis Kaut et illustré par Barbara von Johnson, le personnage de Pumuckl, ce petit lutin bavarois aux réparties cinglantes, semble plus que jamais d’actualité. Le film, dont la première s’est tenue à Munich le 19 octobre 2025, avec Barbara von Johnson et le réalisateur Marcus H. Rosenmüller, pourrait bien se hisser au sommet du box-office.

Mais quel est le secret de cet engouement durable pour les aventures de Pumuckl ? Maximilian Schafroth, qui prête sa voix au personnage dans le film et la série RTL, y voit une forme de réconfort :

« Je pense qu’il y a quelque chose de réconfortant là-dedans. Puis vous voyez deux personnes dans un atelier, l’une fabrique une chaise et l’autre est grincheuse et dit des bêtises. Comme la vie peut être simple parfois »,

Maximilian Schafroth, cabarettiste

Il décrit cette situation comme « une petite forme d’évasion ».

Un sentiment partagé par Markus Huff, psychologue des médias et directeur adjoint de l’Institut Leibniz pour les médias du savoir à Tübingen. Dans un monde marqué par les conflits, le réchauffement climatique et les menaces qui pèsent sur la démocratie, le public recherche des sources de stabilité et de soulagement émotionnel.

« Dans les phases d’incertitude sociale ou personnelle, les gens recherchent souvent de la stabilité et un soulagement émotionnel »,

Markus Huff, psychologue des médias

Des films comme « Pumuckl » ou des séries comme « Emily in Paris » peuvent offrir cette échappatoire, en proposant des récits prévisibles et émotionnellement structurés, qui procurent un sentiment d’ordre et de sécurité.

Leonard Reinecke, professeur d’effets médiatiques et de psychologie des médias à l’Université Johannes Gutenberg de Mayence, souligne que les nouvelles négatives ont un impact plus direct sur nos vies qu’il y a quelques années. Cette proximité accrue rend la recherche de divertissement et de bien-être d’autant plus importante.

Mais est-il moralement acceptable de se divertir et de s’amuser face à la souffrance ? Schafroth répond :

« La recherche du bien-être est tout à fait humaine. Cela ne veut pas dire qu’on ferme les yeux, mais que les gens ne peuvent fonctionner que s’ils se permettent d’aller bien. Ce n’est qu’alors que je pourrai à nouveau voir clairement. »

Maximilian Schafroth, cabarettiste

Huff renchérit :

« S’immerger temporairement dans des mondes fictionnels – que ce soit dans un film, un livre ou une pièce radiophonique – peut vous aider à prendre de la distance, à réguler vos émotions ou à développer de nouvelles perspectives. »

Markus Huff, psychologue des médias

Reinecke ajoute que ces « évasions temporaires de la vie quotidienne » sont essentielles, et ne se limitent pas aux contes pour enfants. Les romans policiers ou les documentaires criminels peuvent également offrir une forme de distraction cognitive. L’important est de se laisser captiver par un récit, même sans forcément une fin heureuse.

Le divertissement a souvent mauvaise réputation, surtout en Allemagne, selon Reinecke, mais il s’agit d’une vision puritaine de la vie. Il insiste sur la nécessité de pouvoir s’offrir ces moments de détente, sans être constamment axé sur la performance.

Le réalisateur Marcus H. Rosenmüller a voulu créer avec « Pumuckl » un espace de respiration, un récit réconfortant qui aborde également des thèmes plus profonds.

« La solidarité, l’amitié, la légèreté, la malice, une attitude positive face à cette vie et la confiance, ce sont des valeurs que nous aimons véhiculer »,

Marcus H. Rosenmüller, réalisateur

Il souligne que chacun de nous porte en lui une part de Pumuckl :

« Pumuckl est la part d’Eder et de nous qui est égoïste et narcissique, mais aussi curieuse et joyeuse. »

Marcus H. Rosenmüller, réalisateur

Pour de nombreux adultes, le retour de Pumuckl est également une plongée dans le passé, un rappel nostalgique d’une époque plus simple.

« La nostalgie est une expérience douce-amère »,

Leonard Reinecke, professeur d’effets médiatiques

explique Reinecke. L’enfance est souvent associée à la sécurité, à la protection et à des souvenirs positifs.

Huff confirme que ces souvenirs peuvent mobiliser des ressources émotionnelles précieuses, en particulier en période d’incertitude.

Alors, que peut-on apprendre de Pumuckl ? Florian Brückner, qui incarne le menuisier Florian Eder dans le film, répond :

« Que tu es un peu détendu »

Florian Brückner, acteur

Il ajoute que l’oncle Eder lui a transmis une certaine sagesse :

« Ne prenez pas toujours tout à cœur. S’il y a un conflit, vous pouvez simplement en parler, prendre une pause, ralentir. »

Florian Brückner, acteur

Et, comme le proclame Pumuckl lui-même en vers :

« Un tel morceau de chocolat, oui, c’est du pur bonheur. »

Pumuckl

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