Publié le 6 janvier 2024 à 20h05. La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro suscite des réactions contrastées en Europe, tandis que Dublin souligne la nécessité d’un retour rapide à la démocratie, tout en reconnaissant la complexité juridique de l’opération.
- Le Tánaiste Simon Harris se réjouit du départ de Nicolás Maduro du pouvoir, le qualifiant de dictateur sans légitimité démocratique.
- Il reconnaît toutefois que la capture de Maduro par les États-Unis pose des questions délicates en matière de droit international.
- L’Irlande insiste sur l’urgence d’une transition démocratique au Venezuela, rejetant toute approche conciliante envers le régime déchu.
Le Tánaiste irlandais, Simon Harris, a exprimé sa satisfaction face à la destitution de Nicolás Maduro, tout en soulignant les complications juridiques liées à son arrestation par les autorités américaines. Il a déclaré que le départ de Maduro est une « bonne chose », insistant sur le caractère autoritaire et illégitime de son régime.
« Le fait que Maduro ait quitté le pouvoir est une bonne chose. C’est un dictateur brutal qui n’avait aucune légitimité démocratique. »
Simon Harris, Tánaiste irlandais
Harris a rappelé que Maduro avait perdu les élections de 2024 de manière écrasante et avait plongé le peuple vénézuélien dans la souffrance. Il a également noté que le président vénézuélien n’était reconnu par environ soixante pays, dont l’Irlande, l’Union européenne et les États-Unis, et qu’il devra désormais répondre de ses actes devant la justice.
La position irlandaise intervient après que le Taoiseach Micheál Martin a, de son côté, évité de critiquer ouvertement l’action américaine, tout en exprimant sa préférence pour une transition pacifique vers la démocratie au Venezuela. Plus largement, de nombreux dirigeants européens se montrent prudents quant à une condamnation de l’intervention américaine.
Cependant, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a été plus ferme, dénonçant une « violation du droit international ». Interrogé sur cette divergence d’opinions, Harris a reconnu la complexité de la situation juridique, tout en réaffirmant que Maduro n’était pas un président démocratiquement élu.
Il a également évoqué les accusations portées contre Maduro et son épouse, Cilia Flores, aux États-Unis, notamment pour « narcoterrorisme », trafic de drogue et blanchiment d’argent. Ils ont plaidé non coupables devant un tribunal de New York. Harris a précisé que ces accusations seraient examinées par les tribunaux.
« Elle présente certainement des défis tels qu’ils ont été envisagés par les Nations Unies. »
Simon Harris, Tánaiste irlandais
Harris a conclu en soulignant le « plaisir immense » ressenti par de nombreux Vénézuéliens à l’idée de voir quelqu’un qui n’était pas leur président destitué. La question de la légitimité de l’intervention américaine et de son respect du droit international reste néanmoins au cœur des débats.