Publié le 6 décembre 2025 à 15h09. Des chercheurs espagnols ont identifié de nouveaux biomarqueurs sanguins capables de détecter des changements précoces dans l’hippocampe, une région du cerveau essentielle à la mémoire, ouvrant ainsi la voie à un diagnostic plus précoce de la maladie d’Alzheimer.
- Une analyse sanguine pourrait permettre d’identifier les personnes à risque avant l’apparition des premiers symptômes.
- L’étude s’appuie sur la détection de « complexes moléculaires » présents dans les globules blancs, reflétant l’état de l’hippocampe.
- Les résultats, obtenus sur des modèles animaux, doivent maintenant être validés par des études cliniques sur l’homme.
Une avancée prometteuse vient d’être réalisée par des scientifiques de l’Institut de recherche biomédicale de Malaga (Ibima Plataforma Bionand) et de l’Université de Malaga, en Espagne. Leur travail, publié ce mercredi, révèle l’existence de marqueurs biologiques dans le sang qui pourraient signaler les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, bien avant que les troubles de la mémoire ne se manifestent.
L’équipe de recherche a découvert que certains « complexes moléculaires » présents dans l’hippocampe – une zone du cerveau cruciale pour la formation de nouveaux souvenirs et l’adaptation de l’apprentissage – peuvent également être identifiés dans les globules blancs. Ces complexes sont constitués de protéines réceptrices impliquées dans les processus clés de la santé cérébrale.
Si les résultats obtenus sur des modèles animaux sont encourageants, les chercheurs soulignent la nécessité de valider ces découvertes auprès de patients humains. La prochaine étape consistera donc à confirmer l’utilité clinique de ces biomarqueurs et à les compléter avec d’autres techniques d’analyse.
La maladie d’Alzheimer, une maladie neurodégénérative caractérisée par une perte progressive des neurones, affecte gravement la mémoire et les fonctions cognitives. Un diagnostic précoce est donc essentiel pour mettre en place des traitements susceptibles de ralentir ou d’arrêter la progression de la maladie. Or, les méthodes actuelles de détection, telles que l’analyse du liquide céphalo-rachidien ou les techniques d’imagerie cérébrale (comme la TEP), sont souvent invasives, coûteuses, difficilement accessibles et ne permettent généralement de détecter la maladie que lorsqu’elle est déjà à un stade avancé.
Cette nouvelle étude propose une alternative innovante : une méthode simple et non invasive pour détecter les premiers changements qui se produisent dans le cerveau, avant même que la personne ne commence à ressentir des problèmes de mémoire. Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont utilisé deux modèles expérimentaux chez des rats, simulant différentes phases de la maladie d’Alzheimer – un stade précoce et un stade plus avancé – et ont observé des changements corrélés dans l’hippocampe et dans le sang.
Ces résultats sont considérés comme « particulièrement prometteurs » car ils démontrent l’existence d’un lien direct entre le système nerveux central et le système immunitaire, une connexion qui n’avait pas été établie avec autant de clarté jusqu’à présent. Grâce à cette découverte, les scientifiques envisagent qu’un simple test sanguin, utilisant une technique appelée PLA (proximity ligation assay), pourrait devenir un outil précieux pour identifier les personnes à risque et leur proposer des traitements à un moment où ils peuvent être les plus efficaces.
« Nous avons trouvé un moyen d’observer l’état du cerveau à travers le sang », a déclaré Isabel Moreno-Madrid, l’une des responsables de l’étude.
Isabel Moreno-Madrid, chercheuse
Pedro Serrano-Castro a ajouté que cette avancée « rapproche une médecine plus personnalisée ».
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