Publié le 13 novembre 2024 16:44:00. Une boussole innovante, conçue par un chercheur à l’université de technologie d’Eindhoven, offre aux personnes atteintes de démence une autonomie accrue en les aidant à retrouver leur chemin, même lors de promenades en solitaire.
- Une boussole simplifiée, sans boutons ni écrans complexes, permet aux personnes atteintes de démence de rentrer chez elles.
- L’invention s’inspire du vécu du grand-père du chercheur, lui-même atteint de démence vasculaire.
- Des tests concluants ont été menés avec des patients, soulignant l’impact positif sur leur autonomie et celui de leurs proches.
Rens Brankaert, chercheur à la TU Eindhoven, a mis au point un dispositif d’orientation spécialement conçu pour les personnes souffrant de démence. Loin des technologies sophistiquées, cette boussole se veut intuitive et facile à utiliser. « Elle ressemble autant que possible à une boussole traditionnelle », explique le chercheur. Les premières versions, plus complexes, avec des boutons, une connexion vocale et un affichage cartographique Google Maps, se sont avérées peu adaptées aux besoins des utilisateurs.
Après avoir constaté les difficultés rencontrées lors de tests avec des patients, Brankaert a radicalement simplifié le design. « J’ai rendu le design de plus en plus simple. Il n’y a plus de bouton dessus, elle fonctionne toujours », précise-t-il. L’appareil nécessite simplement un calibrage initial à domicile.
L’idée de cette boussole est née de l’expérience personnelle de Brankaert. Son grand-père, atteint de démence vasculaire, avait souvent du mal à retrouver son chemin lors de ses déplacements à vélo. « Il parvenait souvent à trouver son chemin quelque part, mais sur le chemin du retour, il était fatigué et ne parvenait plus à retrouver son chemin », raconte-t-il. Brankaert insiste sur le fait qu’il est important de ne pas considérer la maladie d’Alzheimer comme une fatalité et de chercher des solutions pour préserver l’autonomie des personnes atteintes.
Ben van Dijk, souffrant de la maladie d’Alzheimer, a participé aux tests avec sa femme, Ineke. « Je suis très content, car je ne me souviens tout simplement plus du chemin », témoigne-t-il.
« Vous marchez dehors, mais vous ne rentrez pas à la maison. Avec la boussole, vous rentrez chez vous. »
Ben van Dijk, patient atteint de la maladie d’Alzheimer
Il a même tenté de dérouter l’appareil en le faisant tourner, mais la flèche a toujours pointé vers sa maison, confirmant ainsi son efficacité.
L’utilisation de la boussole a également rassuré Ineke, l’épouse de Ben, qui s’inquiétait de le voir sortir seul.
« Je ne veux pas qu’il panique parce que tu ne sais pas ce qui va lui arriver. »
Ineke van Dijk, conjointe d’un patient atteint de la maladie d’Alzheimer
Au début, ils ont utilisé la boussole ensemble, par prudence. « On ne peut pas immédiatement faire confiance à quelque chose comme ça », explique-t-elle. Ils ont même testé l’appareil en forêt, en calibrant la boussole depuis la voiture.
Brankaert qualifie son invention de « technologie chaleureuse », soulignant qu’elle ne crée pas de distance avec l’utilisateur, mais au contraire, renforce son lien avec son environnement. « C’est un exemple de technologie qui fait réellement une différence dans la vie des gens », affirme-t-il. Le développement d’une invention aussi simple en apparence s’est avéré complexe, mais il estime qu’il est essentiel de se concentrer sur des solutions concrètes pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de démence.
Pour l’heure, le nombre de boussoles disponibles pour les tests est limité, mais Brankaert envisage de les mettre à disposition des personnes qui en ont bénéficié. Ben van Dijk, quant à lui, affirme ne plus pouvoir s’en passer : « Je ne peux plus vivre sans ».
Plus d’informations sur la boussole sont disponibles sur le site d’Aumens.
