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Chaos et solutions temporaires en Afrique du Sud et au Lesotho

by Clara Dubois

Publié le 26 octobre 2023 10h30. Des coupes budgétaires américaines dans le financement de la lutte contre le VIH en Afrique australe menacent de compromettre les progrès réalisés au Lesotho et en Afrique du Sud, laissant des millions de personnes potentiellement sans accès aux traitements.

  • Le Lesotho, fortement dépendant de l’aide étrangère pour son système de santé, est particulièrement vulnérable aux réductions de financement de l’USAID et des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis.
  • En Afrique du Sud, le gouvernement est critiqué pour son manque de transparence et d’un plan clair pour remplacer les 8 000 agents de santé soutenus financièrement par le PEPFAR (President’s Emergency Plan for AIDS Relief).
  • L’incertitude plane sur l’avenir des programmes de lutte contre le VIH dans ces pays, avec des promesses verbales non confirmées par des engagements écrits.

Le Lesotho, qui ne finance que 12 % de son propre budget de santé, dépendait massivement des États-Unis et d’autres donateurs internationaux. L’USAID représentait à elle seule 34 % du budget santé du pays, tandis que les CDC américains contribuaient à hauteur de 26 %. Les récentes réductions de l’aide américaine ont plongé le Lesotho dans une situation précaire, mettant en péril les avancées significatives obtenues dans la lutte contre le VIH. Makhalanyane, président du comité de la santé, a exprimé son inquiétude face à l’absence de clarté sur le rétablissement, même temporaire, des fonds américains.

« On ne savait toujours pas exactement quel montant de l’aide américaine serait rétablie, même temporairement. Il n’y a eu que des promesses verbales, rien par écrit. »

Makhalanyane, président du comité de la santé du Lesotho

Au Lesotho, des centaines d’agents de santé à qui il avait été promis d’être intégrés au système de santé national se retrouvent désormais au chômage, illustrant l’impact direct des coupes budgétaires. La situation est d’autant plus préoccupante que le pays avait enregistré des succès notables dans la lutte contre le VIH grâce à l’aide internationale.

En Afrique du Sud, le ministre de la Santé dément que le programme VIH national soit compromis, mais il n’a pas présenté de plan concret pour remplacer le soutien financier du PEPFAR, qui employait 8 000 travailleurs de la santé. Cette absence de plan suscite des inquiétudes quant à un possible retour en arrière, à une époque où le pays avait déjà été confronté à des difficultés dans la gestion de la crise du sida. Des observateurs craignent que l’Afrique du Sud ne doive reconstruire l’infrastructure organisationnelle que le PEPFAR offrait autrefois, une tâche coûteuse tant sur le plan économique que politique.

Pendant que les programmes sont réévalués et restructurés, des millions de personnes risquent de perdre l’accès aux services essentiels qui leur permettaient de vivre avec le VIH. La situation met en lumière la fragilité de l’aide internationale et les conséquences potentiellement désastreuses des promesses non tenues et de l’inaction gouvernementale. Plus d’informations sur la situation en Afrique du Sud et sur les coupes budgétaires au Lesotho.

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