À l’horizon 2027, la Ville de Charleroi anticipe un déficit structurel vertigineux de 140 millions d’euros, selon de récentes alertes budgétaires. Face à cette situation financière critique, Thomas Dermine tire la sonnette d’alarme sur la viabilité des services publics dans les grandes villes wallonnes.
La situation des finances publiques locales en Wallonie appelle à des mesures urgentes.
Les chiffres alarmants du déficit à Charleroi
L’administration communale pose un constat lucide mais implacable sur la trajectoire des comptes locaux.
D’après les projections administratives, l’impact financier net s’annonce lourd pour la fin de la décennie. L’administration estime que sans mesures correctrices, la Ville accuserait un déficit structurel de 140 millions d’euros en 2027.
Une cure d’austérité drastique pour maîtriser les dépenses
Pour contenir cette dérive des comptes, la municipalité a dû actionner de nombreux leviers budgétaires.
Les actions correctrices mises en place comprennent notamment une majoration des taxes, la suppression de certaines gratuités comme celles appliquées aux garderies, une diminution des subsides alloués, ainsi qu’une hausse ciblée de certains tarifs communaux. Surtout, la commune applique une politique stricte de non-remplacement du personnel.
Cette compression des effectifs se lit clairement dans les statistiques administratives de la dernière décennie :
- En l’espace de dix ans, les effectifs communaux sont passés de près de 2 900 à 2 300 équivalents temps plein (ETP).
- Cette réduction représente une diminution globale d’environ 20% des effectifs.
- La moitié de cette baisse, soit une coupe de 10 %, a été réalisée au cours des dix-huit derniers mois.
Grâce à cette discipline rigoureuse, la cité carolorégienne se distingue par une gestion administrative rigoureuse parmi les collectivités du pays.
Le cri d’alarme de Thomas Dermine sur le sous-financement wallon
Au-delà du cas spécifique de Charleroi, c’est l’ensemble du modèle urbain wallon qui se trouve fragilisé par un manque de moyens structurels. Les collectivités locales se heurtent à des murs budgétaires qui menacent leurs missions fondamentales.

« En raison des contraintes financières actuelles, il existe un risque réel pour la continuité de certains services publics. »
Thomas Dermine
Face à cette impasse, un appel clair a été lancé en direction des autorités régionales pour qu’elles prennent enfin la mesure de la situation. L’exécutif wallon est invité à remédier d’urgence au sous-financement
chronique qui pénalise l’ensemble des grands centres urbains de la région.
Pour illustrer la nécessité d’un changement de cap stratégique, un parallèle est esquissé avec les réussites observées de l’autre côté de la frontière linguistique. Selon le plaidoyer formulé, une région comme la Wallonie, si elle veut aller de l’avant, doit miser sur ses grandes villes, qui en sont le moteur, en s’inspirant des investissements massifs qui ont forgé le succès économique flamand de ces dernières décennies.