À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, des millions d’électeurs se tournent vers l’intelligence artificielle pour s’informer, exposant le public à des erreurs factuelles et à des récits trompeurs relayés par les agents conversationnels.
L’utilisation des outils d’intelligence artificielle a progressé de manière significative depuis la présidentielle de 2024. Selon un sondage du Pew Research Center, la moitié des adultes américains utilisent désormais l’IA, et un quart d’entre eux y ont recours quotidiennement, contre seulement un tiers des adultes deux ans plus tôt.
Cette adoption s’accompagne d’une méfiance marquée du public. Une enquête de CNN indique que 82 % des personnes interrogées affirment ressentir plus d’inquiétude que d’enthousiasme face au développement rapide de l’IA, tandis que 71 % réclament une réglementation accrue de la part du gouvernement.
Les erreurs factuelles et les approximations des agents conversationnels
Les outils d’intelligence artificielle pèchent souvent par manque de fiabilité lorsqu’ils sont interrogés sur des sujets politiques sensibles. Une étude récente menée par la start-up Forum AI a révélé que près de 40 % des réponses fournies par les agents conversationnels à des questions électorales contenaient au moins une erreur factuelle, s’appuyant fréquemment sur des sources de piètre qualité telles que des discussions tirées du forum Reddit.

Les huit modèles examinés ont ainsi accumulé des confusions sur les parcours des candidats et sur les procédures de vote. Lorsque des chercheurs ont interrogé le modèle Claude d’Anthropic au sujet du représentant démocrate de Caroline du Nord, Don Davis, le système lui a attribué à tort un passé de directeur d’établissement scolaire, le confondant avec une autre personne.
Les aspects pratiques du scrutin ne sont pas épargnés par ces approximations. L’outil Gemini 3.6 Flash de Google a affirmé que le 3 novembre constituait la date limite pour déposer une demande de bulletin de vote par correspondance en Pennsylvanie, alors que cette échéance expirait en réalité une semaine plus tôt.
Un électeur qui aurait suivi cette réponse aurait demandé un bulletin trop tard pour pouvoir l’utiliser.
Forum AI, via Thereport
La vulnérabilité des chatbots face aux opérations d’influence étrangère
Au-delà des simples bévues, les chercheurs redoutent la porosité de ces technologies face aux campagnes de désinformation orchestrées depuis l’étranger. Fin octobre, des journalistes de l’AFP ont réfuté une vidéo manipulée par l’IA montrant prétendument un ancien élève du candidat démocrate au Sénat au Texas, James Talarico, l’accusant d’agression sexuelle — une fausse allégation présentant les marques distinctives d’une opération d’origine russe.
Interrogé par l’organisation de surveillance NewsGuard sur cette accusation, l’outil AI Overview de Google l’a pourtant reprise à son compte. Gemini de Google a également relayé la fausse information avant que ses concepteurs n’interviennent.

La confiance des citoyens et la lutte contre les théories du complot
Même s’ils commettent souvent des erreurs, les agents conversationnels se montrent également à l’écoute des utilisateurs sceptiques, tout en refusant d’adhérer aux théories du complot.
Brennan Center for Justice, via Tvanouvelles