Des documents longtemps dissimulés révèlent que les autorités new-yorkaises étaient au courant de la présence de toxines dangereuses à Ground Zero après les attentats du 11 septembre 2001, soulevant des questions sur la protection des premiers intervenants et des populations exposées. Le plus grand syndicat des pompiers de New York (FDNY) dénonce une dissimulation potentielle qui aurait pu compromettre la santé de milliers de personnes.
À retenir
- Soixante-huit cartons contenant des données sur la qualité de l’air et les toxines présentes à Ground Zero ont été retenus par les autorités de New York pendant plus de deux ans.
- Le syndicat des pompiers du FDNY accuse la ville d’avoir sciemment dissimulé des informations cruciales sur les risques sanitaires liés à l’exposition aux toxines.
- La publication de ces documents pourrait permettre de mieux diagnostiquer et traiter les maladies liées à l’exposition, notamment les cancers.
Contexte
Suite aux attentats du 11 septembre 2001, qui ont causé la mort de 2 606 personnes, dont 343 pompiers de New York, les premiers intervenants et les populations locales ont été exposés à un cocktail de toxines présentes dans les décombres du World Trade Center. Une demande d’accès à l’information, déposée en septembre 2023 par une organisation de défense des premiers intervenants, 9/11 Health Watch, a révélé l’existence de ces documents, initialement niée par le Département de la protection de l’environnement (DEP) de la ville.
La divulgation de ces dossiers fait suite à l’adoption d’une loi, parrainée par la conseillère municipale Gale Brewer, obligeant le DEP à examiner ce que les autorités savaient sur les dangers toxiques. L’examen initial de 20 cartons a confirmé la présence d’analyses de l’air concernant l’amiante, les métaux et d’autres produits chimiques.
Ce qui change
Andrew Ansbro, président de l’Association des pompiers en uniforme (UFFA), a exprimé son indignation face à cette dissimulation. « Nous devons savoir qui a menti au départ », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. « Je pense qu’il est important que les gens sachent qu’à l’époque, il y avait des gens qui ont choisi de protéger les intérêts de la ville et non ceux des pompiers de New York, des autres intervenants et des civils qui se trouvaient là-bas. »
Selon le syndicat, un accès plus rapide à ces données aurait pu permettre un diagnostic et un traitement plus précoces des maladies liées à l’exposition, notamment des cancers qui ont déjà causé la mort de 400 pompiers de New York en plus des victimes du 11 septembre. L’UFFA souligne que ces informations pourraient également aider à identifier d’autres maladies à longue période, dont les symptômes pourraient apparaître dans les 25 à 30 années suivant l’exposition.
La mairie d’Eric Adams a refusé de commenter en raison d’un litige en cours, mais a affirmé son engagement envers les premiers intervenants. Un représentant de la mairie a déclaré que la ville avait commencé à remettre des documents aux avocats des plaignants et qu’un calendrier était en cours d’élaboration pour poursuivre ce processus.
Prochaines étapes
Le maire élu, Zohran Mamdani, est appelé à faire la lumière sur cette affaire et à garantir la transparence et la responsabilité. Andrew Carboy, avocat de 9/11 Health Watch, a déposé une demande auprès du tribunal de l’État de New York pour la destitution de Russell Pecunies, responsable des appels en matière de liberté d’information du DEP, et a demandé une déposition de responsables non précisés concernant l’existence des documents récemment publiés. Les familles des victimes et les anciens intervenants attendent des réponses et des comptes sur les raisons de cette dissimulation.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de victimes du 11 septembre 2001 | 2 606 |
| Nombre de pompiers décédés le 11 septembre 2001 | 343 |
| Nombre de pompiers décédés des suites de maladies liées à l’exposition | 400 |
| Nombre de cartons de documents retenus | 68 |
Sources
Déclaration d’Andrew Ansbro, président de l’Association des pompiers en uniforme (UFFA), lors d’une conférence de presse.
Demande d’accès à l’information déposée par 9/11 Health Watch en septembre 2023.
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