La bulle spéculative des valeurs technologiques et de l’intelligence artificielle en Chine a éclaté en octobre, entraînant une chute de 40 % de l’indice STAR50 en quatre mois et l’évaporation de quelque 480 milliards de dollars de capitalisation boursière, selon les données publiées par Reuters.
Une chute vertigineuse de l’indice STAR50 et des valeurs phares
La frénésie boursière qui portait les secteurs technologiques en Chine s’est brutalement retournée. En l’espace de moins de quatre mois, l’indice STAR50, très exposé aux semi-conducteurs et à l’intelligence artificielle, a plongé de 40 % depuis son sommet atteint en juillet, effaçant 480 milliards de dollars de valeur de marché d’après le rapport de Reuters. Ce décrochage met un terme brutal à une embellie de deux ans nourrie par des promesses de relance économique, freinant la volonté de Pékin d’encourager ses épargnants à placer leurs fonds en actions pour soutenir l’essor de la haute technologie.
Les investisseurs particuliers, qui dominent le marché chinois, subissent de plein fouet cette correction. Le fabricant de robots Unitree, dont l’introduction en bourse en août avait attiré une demande 8,000 fois supérieure aux actions offertes, a vu son cours de bourse être divisé par deux. La situation est similaire pour le fondeur de puces CXMT, qui a perdu plus d’un quart de sa valeur au cours du mois d’octobre, tandis que les spécialistes des puces MetaX Integrated Circuits et Moore Threads Technology affichent des baisses de valeur par rapport à leurs pics de juillet, après des débuts en fanfare l’an dernier où ils s’étaient envolés.
Le marché boursier s’est transformé par la suite en un taureau fou spéculatif. Et maintenant, nous voyons la bulle éclater.
Leo Wang, partenaire de Qianchuang Capital, via Reuters
L’intervention massive des fonds étatiques face à la tempête boursière
Face à la dégradation des cours, les autorités chinoises tentent de limiter les dégâts. Les investisseurs dits de l’équipe nationale, c’est-à-dire des entités publiques qui achètent des fonds négociés en bourse (ETF) et d’autres véhicules financiers, ont injecté jusqu’à 170 milliards de yuan, soit l’équivalent de 25,5 milliards de dollars, sur les marchés au cours du mois d’octobre. D’après une analyse publiée par le South China Morning Post, cette intervention menée notamment par Central Huijin Investment visait à placer un plancher sous les actions et à conjurer un risque systémique.

Si ces achats publics ont permis de stimuler temporairement l’indice CSI 300 de 0,9 pour cent lors d’une séance de cotation, des analystes de banques mondiales telles que Macquarie et Julius Baer estiment qu’un tel soutien ne suffira pas à enclencher une reprise durable. Pour ces institutions financières, seule une amélioration effective des bénéfices des entreprises et de la demande intérieure permettra de stabiliser durablement la deuxième plus grande place boursière mondiale.
Tensions géopolitiques et craintes d’une guerre des prix
La dégringolade des actions technologiques chinoises ne relève pas uniquement d’une correction boursière interne. Les pressions internationales pèsent lourdement sur le secteur.
Sur le plan réglementaire, le président de la Commission de régulation des valeurs mobilières de Chine, Wu Qing, a rencontré des acteurs du marché pour recueillir leurs suggestions en vue d’améliorer le fonctionnement des marchés financiers. Néanmoins, certains professionnels estiment que la surpondération passée des valeurs technologiques a faussé le comportement des capitaux.

Tout comme les autres fabricants chinois, les fabricants de puces et les fournisseurs d’intelligence artificielle finiront inévitablement par se retrouver dans une guerre des prix. Il n’y a pas d’exception. Toutes les bulles finissent par éclater.
Pour de nombreux investisseurs, à l’instar de Chen Wensheng originaire de la province méridionale de Hainan qui avait engagé ses deniers encouragé par la présence de fonds publics au capital de jeunes pousses comme Unitree, l’expérience laisse un goût amer et pousse désormais vers des actifs plus défensifs.
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