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La Chambre criminelle de Dakar acquitte 38 accusés de vol de carburant

La Chambre criminelle de Dakar a acquitté, le 20 octobre 2026, trente-huit personnes poursuivies pour vol de carburant au préjudice d’EDK Oil SA.

La Chambre criminelle de Dakar acquitte 38 accusés de vol de carburant

La Chambre criminelle de Dakar a acquitté, le 20 octobre 2026, trente-huit personnes poursuivies pour vol de carburant au préjudice d’EDK Oil SA. Le parquet a immédiatement interpellé cette décision en faisant appel. Il laisse ainsi planer le doute sur une affaire portant sur un préjudice allégué de plus de deux milliards de francs CFA.

La Chambre criminelle de Dakar prononce l’acquittement

Le 20 octobre 2026, la juridiction dakaroise a rendu sa décision en faveur des trente-huit prévenus qui comparaissaient à la barre. Le public présent a laissé éclater sa joie à l’annonce de ce jugement qui met un terme provisoire aux poursuites engagées contre eux dans l’affaire des milliards de carburant.

Cette décision a également entraîné le rejet des demandes financières formulées par les parties civiles. Les sociétés EDK Oil SA s’étaient constituées partie civile pour réclamer des indemnisations massives. Les sociétés Transport Routier Express (TRE) s’y étaient associées, affirmant que le préjudice global dépassait les deux milliards de francs CFA pour la période allant de 2021 à 2024. Elles sollicitaient ainsi cinq milliards de francs CFA de dommages et intérêts. Le tribunal a jugé ces prétentions mal fondées au terme d’un dossier ouvert en septembre 2024.

La Chambre criminelle de Dakar acquitte 38 accusés de vol de carburant
Photo : seneweb.com

Les vidéos d’infiltration et les arguments de la défense

Au cœur de l’instruction figurait un dispositif d’enquête mené par la gendarmerie. Des investigations de terrain avaient permis d’infiltrer le réseau présumé pendant quatre mois. Elles ont abouti à la projection d’une trentaine de vidéos lors d’une audience spéciale le 17 juillet 2026. Ces séquences montraient des individus prélevant du liquide dans des camions-citernes pour le transvaser dans des bidons de vingt litres à travers un mur des installations de la SENSTOCK.

Les prévenus ont rejeté en bloc les accusations de fraude. Plusieurs chauffeurs ont reconnu leur présence sur les enregistrements. Ils ont affirmé qu’il s’agissait de purges techniques destinées à évacuer de l’eau mélangée au carburant dans le cadre normal du transport. D’autres ont contesté la fiabilité des procès-verbaux d’enquête, dénonçant des propos déformés.

Les avocats de la défense ont mis en cause les conditions de collecte et d’interprétation des images. Ils ont qualifié la procédure de montée de toutes pièces et pointé un possible conflit social lié aux revendications syndicales de certains employés. De son côté, le ministère public avait requis cinq ans d’emprisonnement. Il estimait que les éléments réunis prouvaient l’existence d’un système organisé de soustraction frauduleuse.

Le parquet fait appel

Le parquet a relevé appel de la décision. Il contraint ainsi la justice à réexaminer le dossier devant une juridiction supérieure, traduisant la volonté du ministère public de contester le jugement initial sans pour autant préjuger de la culpabilité des mis en cause.

L’instruction initiale avait concerné plus de quarante personnes au total. Trois d’entre elles avaient déjà bénéficié d’un non-lieu avant même que l’affaire ne soit renvoyée devant la Chambre criminelle pour les trente-huit derniers mis en cause.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.