Le premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, a vivement critiqué Ottawa après s’être vu refuser un droit de parole au Sommet Canada-Union européenne prévu à Montréal les 29 et 30 octobre 2026, qualifiant l’invitation fédérale d’offre à servir des crevettes cocktail
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Le refus d’Ottawa d’accorder une tribune au Québec
Le gouvernement fédéral a rejeté la demande du premier ministre québécois d’intervenir lors du Sommet Canada-Union européenne (UE) qui s’ouvre ce jeudi à Montréal. Selon des informations obtenues par Radio-Canada le 27 octobre 2026, Ottawa a également écarté l’idée que le Québec organise une réception officielle en marge de l’événement, une requête initialement formulée par l’administration précédente le 15 septembre dernier.
Dans le film « Le Temps des bouffons », Pierre Falardeau mettait en lumière, avec dérision, le fait que les Québécois sont traités en porteurs d’eau sur leur propre territoire, condamnés à se laisser dicter les décisions fondamentales de leur société par des élites financières… pic.twitter.com/aFfkF43RAJ
— https://x.com/PaulPlamondon/status/2115103395656659294
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, Paul St-Pierre Plamondon a dénoncé une décision qu’il juge inacceptable. Il a reproché au fédéral d’entreprendre des discussions stratégiques touchant directement les compétences provinciales sans y associer la province, rappelant un célèbre aphorisme cité par ses ministres.
Si on n’est pas à la table, on est au menu.
Mark Carney, cité par la ministre de la Justice Marie-Claude Sarrazin
La ministre de la Justice et responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Marie-Claude Sarrazin, a souligné que le Québec entend faire valoir son autorité sur tout accord touchant ses champs de compétence, en s’appuyant sur la doctrine Gérin-Lajoie de 1965. Le gouvernement péquiste insiste sur le précédent de l’Accord économique et commercial global (AECG), signé en 2015, pour lequel la province avait siégé aux tables de négociations et participé à plus d’une centaine de réunions.
La réplique du premier ministre canadien Mark Carney
De son côté, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a rejeté les accusations d’exclusion lors d’un point de presse tenu à la sortie d’une réunion de cabinet le 27 octobre 2026. Il a rappelé que le dirigeant québécois avait bel et bien reçu une invitation officielle.
L’exécutif fédéral soutient que le chef du gouvernement québécois a refusé une place au dîner d’État. C’est sa décision de laisser une chaise vide, encore, a déclaré M. Carney, en faisant valoir que trois rencontres avaient déjà eu lieu entre des représentants fédéraux et des négociateurs provinciaux au sujet de ce partenariat européen.

La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a abondé dans le même sens, qualifiant le sommet de réunion de nature fédérale très importante et rappelant que la gestion de la géopolitique relève de la compétence exclusive d’Ottawa. Le lieutenant du Québec du gouvernement, Joël Lightbound, a pour sa part affirmé que l’invitation tient toujours pour M. St-Pierre Plamondon était souhaitée au même titre que celle d’autres premiers ministres provinciaux et de représentants de grandes industries.
Les réactions contrastées des oppositions à l’Assemblée nationale
La gestion de ce dossier par le nouveau gouvernement péquiste suscite des divisions au sein de la classe politique québécoise. Les chefs des trois partis d’opposition se sont prononcés sur cette confrontation institutionnelle.
- Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a désapprouvé la décision du premier ministre de bouder l’événement, estimant qu’ jamais ça ne me serait passé par la tête de bouder cet événement, tout en regrettant que le fédéral ferme la porte à une tribune pour le Québec.
- Le chef du deuxième groupe d’opposition, Éric Duhaime, a qualifié l’attitude fédérale de fédéralisme toxique.
- La co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a demandé à Ottawa de modifier sa position, affirmant que refuser une voix au Québec constitue un manque de respect manifeste.
L’avenir des négociations entre le Canada et l’Union européenne
Prévu pour marquer les dix ans de l’AECG, le sommet de Montréal servira de rampe de lancement pour des discussions plus approfondies au cours de l’année à venir. M. Carney a précisé que ces pourparlers visent à diversifier les exportations canadiennes face au marché américain et à concrétiser une alliance renforcée avec les 27 pays membres de l’UE.
Malgré les tensions politiques entourant la tenue de l’événement, des canaux de communication administratifs demeurent ouverts.